L’Aura Africaine du PM confirmé
31 décembre 2024 : Le Sénégal, le Tchad et de la Côte d’Ivoire annoncent le retrait des forces françaises installées sur leurs terres. Jusque-là rien d’extraordinaire, mais la petite phrase du président Macron lâchée une semaine après, sur « l’ingratitude » de certains pays africains vis-à-vis de la France a mis le feu aux poudres et démontré l’aura panafricaine du Premier ministre Sénégalais Ousmane Sonko.
Le 31 décembre 2024 est une date à marquer d’une pierre noire dans l’histoire des relations entre la France et ses anciennes colonies. En effet, elle marque la fin brusque de sa présence militaire sur 3 des 5 pays où elle avait encore des pieds-à-terre. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Tchad annoncent la fin de la présence des bases militaires française et leur démantèlement avant la fin de l’année 2025. Une surprise pour l’Élysée qui pensait encore avoir le temps de revoir sa forme de présence surtout au Sénégal et au Tchad. Ce revirement a fait l’effet d’une bombe. La réaction française par la voix de son président de la République Emmanuel Macron démontre encore, s’il le fallait, sa surprise ou son impréparation à cette nouvelle donne. Cette frustration a fait dire à son premier magistrat en marge de la conférence des ambassadeurs du 6 janvier 2025 à Paris que certains dirigeants et pays africains étaient des « ingrats ». Avant de poursuivre plus loin, « la France a eu raison d’intervenir en Afrique contre le terrorisme (…) je crois qu’on a juste oublié de nous dire merci. Ce n’est pas grave, ça viendra avec le temps ». Ne s’arrêtant pas en chemin, il rajoute : « Aucun des gouvernements africains concernés ne serait aujourd’hui souverain si l’armée française ne s’était pas déployée… »
Sonko porte la réplique des Africains.
Des propos très mal pris à Dakar et à Ndjaména. Le Premier ministre du Sénégal Ousmane Sonko a dans un message public dénoncé les propos du président Macron les qualifiant d’« erronés », avant de lui rappeler la responsabilité de la France dans certains conflits africains et la propagation du terrorisme dans le continent. « Constatons que la France n’a ni la capacité ni la légitimité pour assurer à l’Afrique sa sécurité et sa souveraineté. Bien au contraire, elle a souvent contribué à déstabiliser certains pays africains comme la Libye avec des conséquences désastreuses notées sur la stabilité et la sécurité du Sahel. C’est enfin le lieu de rappeler au Président Macron que si les soldats africains, quelquefois mobilisés de force, maltraités et finalement trahis, ne s’étaient pas déployés lors de la deuxième guerre mondiale pour défendre la France, celle-ci serait, peut être aujourd’hui encore, Allemande », a répliqué Ousmane Sonko.
Le mépris de la France souligné par le Tchad
La réaction des autorités tchadiennes suite aux propos tenus par le président de la République française, Emmanuel Macron a été du même acabit que celle de Dakar. Par un communiqué commenté par le ministre Abderaman Koulamallah, le Gouvernement de la République du Tchad exprime sa vive préoccupation suite aux propos tenus « qui reflètent une attitude méprisante à l’égard de l’Afrique et des Africains ». Lit-on dans le document. « Le Tchad n’a aucun problème avec la France en tant que nation ni avec le peuple français, avec lequel il partage une histoire marquée par des relations humaines et culturelles. Cependant, les dirigeants français doivent apprendre à respecter le peuple africain et à reconnaître la valeur de ses sacrifices. L’’Afrique, y compris le Tchad, ont joué un rôle déterminant dans la libération de la France lors des deux guerres mondiales, un fait que la France n’a jamais véritablement reconnu », a conclu le document distribué à la presse et partagé dans les réseaux sociaux.
La douce Ivoire ne polémique pas.
Toute aussi concernée par l’annonce d’un retrait français de son sol au cours de l’année 2025, la Côte d’Ivoire s’est montrée moins critique à l’endroit des propos du président de la République de l’Hexagone. « Nous n’avons aucun commentaire à faire, sur les propos du président Emmanuel Macron » , a déclaré Amadou Coulibaly. Il s’est juste borné a rappelé que Alassane a déjà annoncé la rétrocession de la base militaire française d’Abidjan, un « retrait coordonné et organisé » qui a marqué la fin de la présence militaire française dans le pays.




