Le coup triple de l’AES
C’est d’abords le Niger et le Burkina Faso qui ont annoncé leur décision de sortir de l’Organisation Internationale de la Francophonie avant que le Mali ne suive leurs pas. Les Etas de l’AES ne font plus partie de l’OIF.
En pleine célébration du 30ième anniversaire de la semaine de la langue française et de la Francophonie (15 au 23 mars), l’organisation est secouée par une crise interne. Plusieurs de ses membres ont décidé de claquer la porte alors que d’autres comme l’Algérie abandonne le français au détriment de l’anglais dans ses programmes scolaires. Une perte d’influence de la France qui fait réagir plus d’un.
Pour Jean Luc Mélenchon, la France paye cher les errements de la macronie en Afrique : le Niger, le Burkina Faso et le Mali ont quitté ces dernières 48 heures l’Organisation internationale de la Francophonie. Mais celle-ci reste présidée par une Rwandaise anglophone, ancienne ministre du dictateur Paul Kagame, envahisseur de la RDC. En effet, la sortie de l’Organisation est un désaveu de la politique étrangère française en Afrique qui ne repose plus sur des bases logiques mais sur des logiques économiques.
« Depuis l’avènement de la transition, l’OIF, au lieu d’accompagner le Mali dans la réalisation des aspirations légitimes de son peuple, s’est illustrée par l’application sélective des sanctions et le mépris pour la souveraineté du Mali. Le Mali ne peut demeurer membre d’une organisation aux agissements incompatibles avec les principes constitutionnels qui guident l’action publique au Mali, fondés sur la souveraineté de l’Etat, les choix souverains du peuple et la défense de ses intérêts. Par conséquent, conformément à l’article 10 de la Charte de la Francophonie du 23 novembre 2005, le Gouvernement décide du retrait du Mali de l’Organisation Internationale de la Francophonie », lit-on dans la lettre des autorités maliennes adressées à l’OIF.
Selon le Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République du Mali, ses efforts répétés à pour le triomphe des idéaux et valeurs promus par la Francophonie ne sont pas assez reconnus par l’organisation malgré son statut de membre fondateur de l’Agence de Coopération culturelle et technique (ACCT), devenue par la suite l’Organisation Internationale de la Francophonie.
Ainsi, le Mali suit les pas du Niger et du Burkina Faso en rompant officiellement avec l’Organisation Internationale de la Francophonie. Bamako, Niamey et Ouagadougou dénoncent une organisation partiale, accusée de mépriser la souveraineté des États et d’adopter une approche sélective face aux aspirations légitimes des peuples sahéliens. Perçue de plus en plus par les dirigeants de l’AES comme un instrument de domination occidentale, il est devenu hors de question pour ces 3 Etats de rester sous l’emprise de cette institution. Après le Mali et le Niger, le Burkina enfonce le clou, marquant un tournant majeur dans la recomposition des alliances en Afrique. L’heure est à la souveraineté totale, et la rupture avec les vestiges du néocolonialisme s’accélère ! Avec ce retrait des Etats de la Confédération des Etas du Sahel, de l’Organisation Internationale de la Francophonie perd 23% de sa sphère d’influence et 75 millions de francophones




