MAURITANIE SENEGAL : Un peuple, un but, les mêmes intérêts
Faire de l’exploitation du gaz et du pétrole le moteur de la coopération économique entre le Sénégal et la Mauritanie est le sens de la visite d’affaires du Premier ministre sénégalais, à Nouakchott. Liés par l’histoire, la géographie et maintenant l’exploitation de gisements d’hydrocarbures, Ousmane Sonko invite tous les acteurs économiques des deux bords du fleuve à travailler en synergie pour un développement collectif harmonieux.
Entre la Mauritanie et le Sénégal, les opportunités d’affaires sont presque illimitées si l’on en croit Ousmane Sonko. Le Premier ministre du Sénégal a profité d’une visite de travail à Nouakchott pour lancer plusieurs chantiers de coopération dans les domaines l’agriculture, de l’élevage, du pétrole, de l’énergie, des mines, de la pêche, des infrastructures, des transports terrestres et aériens.
Le contenu Local : En attendant les renégociations
La renégociation des contrats pétroliers et gaziers en filigrane, la visite officielle du Premier ministre du Sénégal Ousmane Sonko en Mauritanie a été l’occasion pour les deux pays de signer un protocole d’accord axé sur le contenu local dans le cadre du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA). En attendant d’avoir les capacités financières et technique susceptibles de porter de tels projets, le Premier ministre du Sénégal invite son homologue mauritanien à capter le maximum d’opportunités relatives au contenu local
À cet effet, Ousmane Sonko a souligné l’importance du protocole d’accord axé sur le contenu local dans le cadre du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Il est convaincu qu’une démarche commune entre le Sénégal et la Mauritanie peut générer des opportunités d’emploi et de valeur ajoutée locale dans les industries pétrolières et gazières. Mais aussi, permettre la formation d’une main-d’œuvre qualifiée et compétitive. Le Premier ministre a fait remarquer l’importance des transferts de technologie et le développement des capacités nationales afin de renforcer la compétitivité des entreprises locales sur les marchés internationaux. « Je remercie la Mauritanie pour son ouverture. Nous en demandons plus. C’est urgent et indispensable de jeter les bases d’une coopération entre les secteurs privés mauritanien et sénégalais. Des initiatives salutaires ont été prises, mais il reste beaucoup de choses à faire, il faut les accélérer. Il faut que nous travaillions vite et bien en prenant les mesures qu’il faut », a déclaré le Premier ministre du Sénégal Ousmane Sonko.
Les deux secteurs privés doivent montrer la voie.
Le Président de la Mauritanie Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani s’est en outre réjoui des différents accords trouvés avec le Sénégal et à inviter son Premier ministre à accélérer la mise en œuvre des différents accords trouvés. Il a engagé, son Premier ministre et tout son gouvernement à lever les obstacles auxquels le secteur privé de la Mauritanie et du Sénégal sont confrontés en voulant investir de part et d’autre de la frontière des deux pays. « Nous appelons le secteur privé de la Mauritanie et celui du Sénégal à travailler main dans la main en multipliant les partenariats public-privé, les joint-ventures. Le secteur privé sénégalais sera le bienvenu en Mauritanie. Le gouvernement mauritanien prendra toutes les dispositions nécessaires pour lever toutes les entraves », a assuré Mocar Ould Diay, estimant que « les perspectives sont prometteuses » pour les relations bilatérales.
Le Premier ministre mauritanien a profité de la table ronde organisée par l’Agence de promotion des investissements en Mauritanie et l’Agence nationale chargée de la promotion des investissements et des grands travaux au Sénégal pour faire cette annonce. Ce à quoi a répondu Ousmane Sonko en affirmant que « dans notre relation, il faut qu’il y ait beaucoup de Mauritaniens au Sénégal et beaucoup de Sénégalais en Mauritanie. Il faut que toutes les barrières soient levées ». Il faut savoir que les échanges économiques et commerciaux entre la Mauritanie et le Sénégal sont très modestes. Même s’ils suivent une pente ascendante, ils sont en deçà du potentiel de coopération existant. De 43,1 milliards de francs CFA en 2019, les flux commerciaux entre les deux pays sont passés à 67,4 milliards en 2023.
Le pont de Rosso : Le début d’une connexion plus importante
Le Premier ministre a salué la parfaite convergence de vues sur l’ensemble des sujets abordés : énergie, pêche, transports, conditions de vie des ressortissants sénégalais entre autres. Les questions liées à la pêche, à la sécurité et aux transports étaient au centre des discussions tenues. Concernant les travaux du pont de Rosso, deux parties ont convenu de mettre en place un comité technique pour lever les blocages en vue d’une livraison de l’ouvrage avant le 31 juillet 2026. En effet, le taux d’exécution est encore faible, près de 30 % à moins 18 mois de la fin programmée des travaux. D’une longueur de 1,5 kilomètre, le pont de Rosso enjambera le fleuve Sénégal pour relier le sud de la Mauritanie au nord du Sénégal. Son coût global est de 88 millions d’euros, soit 57,7 milliards de francs CFA.
Le Gaz pour doper l’industrie et la diplomatie
Réseau Gazier Sénégal (RGS) mis en place par le gouvernement du Sénégal en 2018, il est l’un des points les plus importants du gouvernement dans sa stratégie « Gas-to-Power » et « Gas-to-Industries ». Ce pipeline qui sera alimenté par le gaz extrait du gisement GTA jusqu’à la centrale de Gandon à Saint-Louis. RGS a pour mission de transporter le gaz naturel pour les centrales électriques et les industriels. Si satisfaire la demande nationale d’électricité domestique est une priorité, permettre l’utilisation du gaz naturel pour les centrales électriques et les industriels fait partie des objectifs. Pour stimuler ses prévisions de la croissance économique, le gouvernement du Sénégal mise sur la centrale électrique de Gandon et ses 250 mégawatts pour diminuer le coût de l’électricité pour les industries. La centrale de Gandon à Saint-Louis actuellement en développement, devrait être l’opérationnelle fin 2025. L’importance du rôle de RGS a été rappelée par le Premier ministre, Ousmane Sonko, lors du Conseil des ministres du 3 juillet 2024 où il insistait sur l’urgence de réaliser ce projet dans les meilleurs délais, afin d’exploiter pleinement les opportunités offertes par le gisement GTA.
Dans un autre volet, une fluidité des relations entre le Sénégal et la Mauritanie pourrait faciliter l’accélération de la création du pipeline Dakar-Nouakchott-Tanger-Casablanca. Un projet gazier ambitieux qui permettrait d’approvisionner l’Europe en gaz africain au lieu du gaz russe actuel.




