PRÉSIDENCE FÉDÉRATION DE FOOTBALL
Victoire contestée de Abdoulaye Fall
Le silence du ministère de tutelle après la publication des résultats, le déroulé du scrutin, son résultat et les accusations de fraudes et ou corruption ont marqué l’élection du 20e président de la Fédération Sénégalaise de Football.
On a tourné la page Me Augustin Senghor, mais on n’a pas tourné la page de sa succession, ce malgré la publication des résultats finaux et la proclamation de la victoire de Abdoulaye Fall à la Tête de l’instance dirigeante du football Sénégalais.
Membre de la FSF depuis plusieurs années, il y a occupé le poste de président de la Commission des finances pendant quelques années. Inspecteur du Trésor et ancien trésorier général de l’État, le nouveau président a su rallier à sa cause les influents Cheikh Seck, Élimane Lam et Abdoulaye Sow, tous anciens candidats au poste de président de FSF qui ont préféré retirer leur candidature pour la sienne.
Le nouveau président de la Fédération Sénégalaise de Football a promis durant sa campagne la professionnalisation des compétitions, la formation et montée en compétences des cadres, une politique d’infrastructures décentralisée et une la gouvernance transparente pour un projet de transition, porteur d’un souffle nouveau.
Abdoulaye Fall a la lourde tâche d’ouvrir la nouvelle ère qui doit faire plus que Me Augustin Senghor. Ce dernier en place depuis 2009 a conduit le football sénégalais à son premier sacre continental en 2022 au Cameroun et à une série de titres continentaux qui fuyaient le Sénégal depuis 1960. Le nouveau président devra approfondir le professionnalisme du football local, renforcer les capacités des clubs dans les compétitions africaines et enclencher une politique d’équité territoriale d’infrastructures afin de faciliter l’organisation d’une Coupe d’Afrique des Nations au pays de la Téranga.
Mady « Touché » mais pas coulé.

Il était le favori de la course et sa campagne médiatique était la plus réussie. Plateaux de télévision, projections de documents et spots publicitaires ont jalonné sa précampagne. Son expérience de la gestion d’un club professionnel ayant le plus de joueurs évoluant en Europe et en sa connexion avec Sadio Mané n’ont pas suffi. Il s’est refait battre par Abdoulaye Fall. Pourtant, Mady Touré avait réussi à rassembler autour de sa candidature des figures de ce sport comme Djamil Faye. Il conteste les résultats de l’élection du 2 août et annonce un recours. Selon ses proches des preuves de corruptions et d’achat de conscience sont à leur possession. C’est d’ailleurs ce qui justifie son retrait de la compétition après le premier tour des votes. Une saisine des organes de règlement est attendue. « Mon équipe a constaté des faits de corruption dans le camp d’Abdoulaye Fall. L’État doit prendre ses responsabilités, car ce qui s’est passé ce soir est grave. J’ai décidé de ne pas poursuivre le processus électoral. La justice a été saisie », a déclaré Mady Touré au site d’informations spécialisé 13foot.com. Dans une intervention sur le site sportnewsafrica, le journaliste d’investigation français Romain Molina explique que « si le gouvernement ne s’est officiellement pas mêlé de l’élection, plusieurs procédures juridiques pourraient rapidement être annoncées. De quoi imaginer un nouveau casse-tête et une longue bataille en coulisses, de Dakar à Zurich, pour décider si Abdoulaye Fall sera bien le président légitime de la Fédération sénégalaise de football ces quatre prochaines années ».

Dans ce même article, le journaliste souligne que les autres candidats comme Oumar Ndiaye et Aliou Goloko contredisent la version du camp Fall qui estime avoir gagné à la régulière. Les perdants contestent et évoquent des possibles achats de vote. Pour preuves, ils parlent de messages WhatsApp assez équivoques à des dirigeants laissant clairement supposer une manipulation. D’autres éléments, incluant la prise en charge de nombreux délégués régionaux dans un hôtel à Saly aux frais du camp Fall, interrogent quant à la partialité du scrutin. Autant d’éléments, en plus de l’organisation anarchique, qui furent remontés assez haut dans l’appareil d’Etat sénégalais souligne le journaliste dans l’article.




