Build Africa Expo : Bâtir le futur des nouvelles villes
- 16 juillet 2025
Le Build Africa Expo s’est tenu les 15 et 16 Avril au centre des expositions de Diamniadio. Cet événement a rassemblé des professionnels des secteurs de l’architecture, de l’urbanisme, de la construction, de l’immobilier, de la mobilité et de l’innovation. Plusieurs thématiques liés à l’urbanisme durable, la mobilité intelligente, l’aménagement du territoire, l’innovation technologique et le développement des infrastructures ont été abordés lors de cette première édition 2025.
Des institutions publiques ont présenté leurs projets allant dans le sens du développement de leurs secteurs. Le premier panel de cet événement intitulé « bâtir le futur des nouvelles villes» qui a réuni différentes directions a montré l’importance de la complémentarité qui existe entre les différents services de l’état. Parmi lesquels l’aéroport international Blaise Diagne représenté par son directeur général Cheikh Bamba Diéye. Il a mis l’accent sur les infrastructures aéroportuaires avec de grands projets. Il se veut un aéroport qui garde son leadership dans la sous-région, ancré dans son environnement et ouvert sur le monde. D’énormes chantiers sont en vue : développer l’extra aéronautique avec des services hôteliers et commerciaux, développer la marque de fabrique du Sénégal, travailler sur la circulation et la sécurité. Mais également un jardin mémoire pour reprendre les habitations tels quels étaient.
L’aéroport international Blaise Diagne avec ses 872 employés sans compter la filiale 2AS, est connecté avec 13 autres aéroports du pays. A Sédhiou le futur chantier est la transformation des produits agricoles et de la pêche au niveau des hangars. A Diass, il est prévu d’aller vers le mixte énergétique à travers une technologie innovante. Cheikh Bamba Diéye dit vouloir transformer la vision de l’Etat du Sénégal et relancer le projet aérien. Il prévoit d’étendre l’aérogare avec toutes les commodités y compris une structure médicale.
La Société de Gestion des Infrastructures Publiques dans les Pôles Urbains de Diamniadio et du Lac Rose (SOGIP) à travers Dame Mbodji, son directeur général s’est félicité de la bonne organisation du salon et le choix des participants. Il a accès à son intervention sur l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) prévus en 2026 au Sénégal. Il se dit prêt à accompagner ce grand événement avec de grandes réalisations infrastructurels. « Cela permettra d’accueillir les hôtes qui seront logés dans de grands centres d’hébergement avec un hall de 21 000 mètres carrés et tout « dans une perspective de jouer l’événement a fond », a-t-il souligné.
Concernant les projets de la SOGIP, le directeur général prévoit au pôle urbain de Diamniadio un parc commercial avec des espaces paysagers et lieux d’excursion pour plus d’attractions et l’épanouissement des sénégalais. Il prône une mixité sociale et fonctionnelle dans le pôle. Il termine son propos en revenant sur l’importance du Salon Build Africa Expo, » L’économie mondiale repose sur l’exposition il faudrait y investir » a-t-il fait savoir.
Le stand de la Société d’Aménagement et de Promotion des Côtes et Zones Touristiques du Sénégal (SAPCO) a été aussi une attraction du Salon Build Africa Expo. Les maquettes des projets, physiques et surtout virtuelles ont suscité la curiosité des visiteurs invités à porter un casque de réalité virtuelle pour un visionnage en immersion. Partenaire de ce salon destiné à promouvoir les investissements et le développement des infrastructures en Afrique, la SAPCO a mis en lumière sur son stand ses nouvelles filiales que sont la Sénégalaise de Logistique et de Tourisme.
Son directeur général Serigne Mamadou Mboup a pris part au panel. Il a passé en revue les missions et plusieurs projets d’aménagement de la SAPCO. La future station de Mbodiene, sur la Petite Côte avec une superficie de 30ha constitue l’un des projets phares de la structure. L’annonce de plusieurs autres stations touristiques a été aussi faite par M Mboup. Des nouveaux sites touristiques qui seront construites en fonction des réalités culturelles et économiques des parties du Sénégal qui seront ciblées. Dans sa démarche, la SAPCO promeut une économie verte à travers la filialisation. Revenant sur le choix du thème » bâtir le futur des nouvelles villes », il estime que » Ce thème nous parle « .
Fadilou Kéïta, de la Caisse de Dépôt et Consignation (CDC) s’est interrogé sur « la disparité de l’investissement publique « . Il pense que le fait de mettre l’accent et la lumière sur les villes au détriment des autres parties du territoire est une forme d’insistance sur une incohérence territoriale.
Il rappelle que l’intercommunalité est venue en appoint aux communes dont l’Acte 3 de la décentralisation, portée par l’ancien président Macky Sall, n’avait pas répondu à leurs attentes. En effet, du fait d’un manque de formation et ou de compétences académiques adéquates chez certains édiles pour assimiler et appréhender toutes les opportunités que leur offraient la législation et les compétences qui leurs étaient conférées, leurs territoires sont passés à côtés de possibilités à fort impact local.
D’autre part, le directeur de la CDC a relevé les disparités entre les zones urbaines et les collectivités territoriales rurales. Il a pris l’exemple de la répartition du budget réservé à l’investissement. Selon la situation de la collectivité territoriale le niveau des allocations est totalement différent. Des disparités qu’il faut mettre à niveau pour corriger les inégalités territoriales.
En s’alignant sur la vision des nouvelles autorités Fadilou Keita pense qu’il faut diviser le Sénégal en pôles pour plus de cohérence, pour plus d’équité et de justice. Dans cette dynamique de correction, il faut permettre aussi à la CDC dans le cadre du déploiement de ses projets d’asseoir des modèles qui permettent d’accompagner les collectivités » extrêmement limitées » .
Cela peut se faire dans le cadre du programme national sur l’électrification rurale. Après 60 ans d’indépendance, la disparité entre les villes et les villages en matière d’électrification est énorme. Il est encore difficile pour les zones reculées d’avoir accès à cette infrastructure de base. Dans la même veine, l’accès à l’eau potable demeure aussi pour lui un défi à relever. Comme démarche, il préconise une approche territoriale qui va favoriser l’emploi et l’employabilité locale. Dans son analyse, le directeur estime qu’avec une telle démarche appliquée à toute l’administration pour, le Sénégal peut valablement lutter contre des phénomènes comme l’exode rural.
Fadilou Keita ajoute que la capitale sénégalaise qui ne fait pas cinq pour cent (5%) du territoire national concentre quatre-vingt-dix pour cent (90%) des entreprises, une réelle disparité » a t’il soulevé. C’est dans cette perspective qu’il est revenu sur le rôle de la CDC dans sa capacité d’accompagner ces collectivités à travers la mobilisation des ressources domestiques. Parmi les grandes réalisations, figure la sphère administrative de Kaffrine financée à hauteur de 6,7 milliards de FCFA. Sur le projet de restructuration d’Air Sénégal, des efforts ont été consentis par la CDC en étroite collaboration avec l’Aibd. Elle a aussi porté le projet de rénovation et d’embellissement des cités religieuses. Keur Maodo en est un exemple.
Les conventions entre, la SAPCO la DGPU et la CDC ont aussi abouti à des réalisations financées par cette dernière dont certains sont en cours d’exécution.
Il annonce un programme de recrutements de 100 petites et moyennes entreprises pour finaliser les travaux du programme immobilier de Bambilor. Un investissement dans l’immobilier qui met en compétition des architectes sénégalais. Une nouvelle approche qui sera reproduite un peu partout au Sénégal fait-il savoir. Pour tous ces grands projets structurés 24 à 49% seront alloués au secteur public et le secteur privé aura au minimum 25% des projets.




