COOPÉRATION AVE LA GUINÉE ET LE SIERRA-LEONE
La nouvelle route de l’acier
La stabilité du Sénégal, ses réserves en hydrocarbures, la bauxite guinéenne et le fer Sierra-Léonais sont au cœur des enjeux du déplacement du Premier ministre Ousmane Sonko dans ces deux pays afin de créer une unité de négociation avec la Chine pour la création d’une toute nouvelle route de l’acier africain.
Créer une puissance industrielle ouest africaine en apprenant des erreurs du passé, c’est l’objectif de la tournée diplomatique à caractère économique que le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko a effectué en Guinée et au Sierra Léone. À eux trois (3), ces pays peuvent devenir un géant de l’acier en combinant les richesses minières de chacun. Le fer de la Sierra Léone, la bauxite de la Guinée et l’énergie du Sénégal grâce aux différents gisements de pétrole et surtout de gaz découverts récemment.
Freetown comme point de départ
Au mois de juin dernier, durant un déplacement officiel du Premier ministre en Sierra Leone, on pouvait sentir la direction vers laquelle les discussions tournaient. Accompagné du Directeur général de l’APIX, Bakary Sega Bathily et du ministre sénégalais de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, Ousmane Sonko appelait à la création d’un pôle régional de traitement des minéraux, s’appuyant sur les infrastructures du Sénégal (énergie, transport, Port) pour valoriser les ressources minérales de la Sierra Leone.
La valorisation des ressources naturelles et la facilitation des investissements entre les deux pays ont marqué les différentes discussions bilatérales, mais aussi le renforcement des échanges économiques et commerciaux, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). La visite de Ousmane Sonko dans les mines de Marampa avait ponctué cette visite tout en mettant en relief l’importance du site dans sa stratégie diplomatique.
Conakry : la bauxite et encore plus de fer
La Guinée abrite le plus grand gisement de bauxite du monde et un gisement de fer de classe mondiale à la frontière avec le Sénégal. Le gisement de Simandou est qualifié d’exceptionnel avec une teneur supérieure à 66 %. La Guinée détient la deuxième réserve de bauxite au monde, soit une quantité de 7,4 milliards de tonnes en 2023. Ce qui en fait un acteur majeur du marché de l’aluminium. Toutefois, malgré toute bauxite brute exportée vers l’étranger, le niveau de pauvreté de la population demeure fort.
Pendant le séjour de Ousmane Sonko à Conakry juste après son voyage en Sierra Léone, il a poursuivi sa plaidoirie en faveur d’une route de l’acier entre les 3 pays en question en misant sur une intégration stratégique autour du gaz, de la bauxite et du fer. Avec Mamadi Doumbouya, le président de la Transition, ils ont annoncé une nouvelle dynamique bilatérale et régionale.
La stabilité de Dakar et son énergie transformatrice
Pour transformer le fer, la bauxite et les autres minerais en acier ou produits industriels, il faut de l’énergie. C’est à ce niveau que le Sénégal entre en jeu. La découverte de champs pétroliers et gaziers assez importants aux larges de côtes ouvre de nouvelles perspectives stratégiques qui, habillements gérés, peuvent avoir des impacts positifs aussi bien sur le Sénégal que sur ses futurs associés sur ce projet.
Dada de l’architecte et homme d’affaires Pierre Goudiaby Atépa, la théorie des routes de l’acier et de l’aluminium prend toute sa dimension avec ces deux déplacements du Premier ministre qui a transformé cette tournée diplomatique en pré consultation tripartite d’associés en affaires.

Avant cela, en interne, le nouveau gouvernement du Sénégal avait relancé le projet Hub Minier Régional pour un coût des opérations estimé à 509 milliards FCFA. Dans ce plan, les unités industrielles vont être implantées à Dakar, Thiès, Tambacounda et Kédougou. Les retombées seraient pour les trois Etats avec pour le Sénégal, un débouché proche pour son gaz, une industrialisation du territoire et des milliers d’emplois.
Pour la Guinée, percevoir des dividendes qui proviendraient de la transformation de sa matière première principale serait une sortie de changement de statut dans la hiérarchie mondiale de la bauxite passant de simple producteur à acteur principal avec un pouvoir d’influence sur les prix du marché. Même schéma pour la Sierra Léone qui pourrait ainsi augmenter ses recettes et relever le niveau de vie de ses concitoyens.
Pékin : l’accélérateur de la démarche
Une initiative stratégique qui s’inscrit dans les projets d’investissement prioritaires qui ne peut se réaliser qu’avec le concours d’un partenaire stratégique intéressé par un accord gagnant-gagnant. C’est là, qu’intervient la Chine. Le voyage du Premier ministre Ousmane Sonko en Chine prend alors tout son sens et devient une logique diplomatique et économique qui englobe les intérêts des trois pays. Avec sa puissance financière et ses capacités techniques et technologiques, la Chine va aider à accompagner les trois pays dans une dynamique de création d’un modèle économique basé sur la complémentarité régionale au service d’un développement commun équitable. Lors de sa visite en Chine, Ousmane Sonko a déclaré aux acteurs économiques sénégalais œuvrant dans l’énergie et la métallurgie qu’il souhaite attirer au Sénégal les investissements chinois dans ce programme histoire de créer la route de l’acier des Africains à l’image de la route de la soie.




