JARAAF VS USM ALGER A DIAMNIADIO
Avait-on bien calculé les enjeux ?
Supporteurs du Jaraaf de Dakar et ceux de l’Usm Alger se sont battus dans les tribunes du stade Me Abdoulaye Wade de Diamniadio, lors du second tour de la Coupe Confédération Africaine. Des affrontements qui ont conduit à une enquête de la CAF et des sanctions contre le Jaraaf. Mais du côté de l’organisation, avait-on mis l’accent sur la gestion des interactions entre supporteurs ?
Les sarcastiques diront que le spectacle était sans les tribunes après le match, mais, sur le terrain, le Jaraaf de Dakar et l’Usm Alger n’ont rien montré. Durant 90 minutes, les deux équipes n’ont pas produit de jeu. Ce qui justifie le match nul (0 – 0) au coup de sifflet final. Cependant, ce qui a retenu l’attention du monde du football africain durant ce deuxième tour de la Coupe de la Confédération, ce sont les bagarres d’après-match. En effet, supporteurs algériens et leurs homologues locaux ont déclenché une rixe qui a duré plusieurs minutes. Le Jaraaf comme l’Usm Alger se renvoient la responsabilité des événements.
Pour les Algériens qui ont réagi en conférence de presse d’après-match, comme sur leurs réseaux sociaux, un peu, plus tard, la faute incombe aux supporteurs du Jaraaf qui ont voulu en découdre avec les leurs.
Pour les dirigeants du Jaraaf, tout ce qui s’est passé est de la seule responsabilité des supporteurs de l’Usm Alger qui n’ont pas voulu respecter en premier le parcage initial. Ils ont après voulu s’attaquer aux supporteurs du Jaraaf en essayant de traverser les rambardes.
Pour calmer le jeu, la CAF avait annoncé une enquête afin de faire la lumière sur cet incident. « L’affaire a été transmise aux instances compétentes de la CAF pour un examen approfondi et des investigations complémentaires », lisait-on dans un communiqué publié sur ses réseaux. Après enquête, le Jaraaf a écopé d’une suspension de quatre matchs à huis clos, dont deux avec sursis, lors des compétitions interclubs. Léonard Diagne, secrétaire administratif du club a affirmé que le Jaraaf de Dakar a décidé d’interjeter appel de la sanction infligée par l’organe disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF)
Organisation : défaut d’anticipation
Comment des supporteurs visiteurs ont pu changer de tribunes jusqu’à atteindre la pelouse ? C’est la question que beaucoup se posent. Les bagarres entre supporteurs ont amené quelques membres du staff de l’Usm Alger et du Jaraaf à essayer de s’interposer pour éviter plus de blessures. Même si le stade Me Abdoulaye Wade est neuf et le nombre de matchs joués en son sein est moindre, la gestion des supporteurs et de leurs mouvements doivent être une priorité pour les organisateurs. Il est vrai qu’en-dehors de l’équipe nationale peu d’équipe jouent au stade de Diamniadio, mais pareille situation ne doit plus se reproduire. Il doit y avoir assez de forces de l’ordre pour contenir un nombre de supporteurs connus à l’avance par les services de l’Etat.
Stade Diamniadio: à l’heure de la rentabilité
Depuis son inauguration, le stade Me Abdoulaye Wade de Diamniadio ne recevait que des matchs de prestiges en plus de ceux de l’équipe nationale de football. L’ouvrir aux équipes locales est une bonne option pour sa vitalité et surtout sa rentabilité. Le stade Me Abdoulaye Wade ne doit pas être un terrain exclusif où seuls quelques élus peuvent pénétrer. Il doit être un centre d’affaires polyvalent, capable d’accueillir des événements sportifs à l’image de Coupe CAF, comme des rencontres privées sollicitant un cadre de haut standing. Le Jaraaf doit être cet éclaireur pour d’autres équipes locales voulant accueillir des matchs de compétitions officielles dans ce cadre. À l’image de Dakar Arena qui a reçu une manifestation privée payante, le stade doit recevoir des mariages, des concerts ou des séminaires. Le caractère multifonctionnel de l’édifice doit être exploré au maximum.




