Place au « New deal technologique »
Exit la stratégie Sénégal Numérique-SN2025 lancée en 2026, place au « New deal technologique » le nouvel agenda de transformation numérique du pays.
Les ambitions du Sénégal en matière technologiques sont immenses. Le pays compte porter la contribution du numérique à 15% de son PIB dans un avenir proche. A cet effet, nouvel agenda de transformation numérique du pays a été dévoilé. Dénommé « New deal technologique », il remplace la stratégie Sénégal Numérique-SN2025.
Pour atteindre les objectifs fixés par ce projet estimé à 1 157 milliards FCFA, un master plan de 12 programmes prioritaires déclinés en 50 projets clés pour la période 2025-2029 a été dévoilé durant la cérémonie officielle de lancement. « Pour atteindre cet objectif, nous accompagnerons notre secteur privé, notre université, dans la recherche et le développement, mais aussi dans l’innovation, pour la production de technologies et de solutions locales, en renforçant notre sécurité et en assurant la maîtrise de notre cyber espace », a déclaré le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Une souveraineté nationale portée par des solutions locales
La question de la souveraineté numérique est devenue essentielle pour président de la République. C’est devenu un enjeu au cœur du mouvement technologique mondial d’où l’importance pour des pays comme le Sénégal de miser sur des solutions technologiques locales afin de réduire la dépendance aux solutions étrangères.
Durant son discours au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio Bassirou Diomaye Faye s’est engagé à construire un espace numérique souverain qui renforcera la sécurité et la résilience du pays à travers une sécurisation de ses infrastructures, tout en protégeant ses données critiques. Il souligne à cet effet, qu’il va mettre tous les moyens possibles pour une indépendance progressivement vis-à-vis des solutions étrangères.
Pour réussir ce pari, le président a insisté sur la mise en place d’un cadre juridique, réglementaire et d’une gouvernance agile, favorable à l’innovation, tout en protégeant la vie privée et en respectant les réalités socioculturelles du pays. Il invite les Sénégalais à unir leurs forces avec celles du gouvernement et du secteur privé national afin de construire un écosystème de données numériques. « Nos champions nationaux pourront ainsi briller en Afrique et dans le monde. Ensemble, nous pouvons relever ce défi et construire un avenir où la technologie est un levier d’opportunités pour tous. Faisons du +New Deal technologique+, un moteur de progrès, non seulement pour le Sénégal, mais aussi pour toute l’Afrique », a déclaré le président de la République. « La digitalisation progressive de l’économie dite informelle permettra d’identifier et de labéliser, mais aussi d’accompagner nos entrepreneurs dans leur développement. Des investissements importants dans l’économie numérique du Sénégal permettront de faire du pays un lieu d’excellence, un pôle d’expertise capable de produire, d’utiliser et d’exporter des technologies et des solutions en intelligence artificielle », a conclu le président de la République.
Le BOS mis à contribution
Bras armé de l’Etat qui a mise en place et présentée la feuille de route stratégique des programmes, le Bureau Opérationnel de suivi (BOS) fait savoir que ces initiatives, soigneusement élaborées, visent à accélérer la transformation numérique du pays en répondant aux défis actuels et en anticipant les besoins futurs. Selon Mohamed Diaby du Delivrey Unit du BOS « Chacun de ces programmes s’inscrit dans une logique complémentaire visant à renforcer les trois piliers fondateurs, infrastructures, plateformes et services adaptés. Il vise à créer un cadre numérique robuste, inclusif et adaptable pour stimuler l’innovation, protéger les droits des citoyens, sécuriser les données et promouvoir une collaboration efficace entre les gouvernements et le secteur privé » a-t-il déclaré.
A l’en croire, le Sénégal souffre d’un déficit en infrastructures numériques de qualité avec une couverture réseau inégale, des coûts de connexion élevés et un accès limité à Internet, notamment dans les zones rurales. La finalité du programme est d’atteindre la souveraineté numérique et la cyber-résilience parce que jusqu’à présent, le Sénégal reste vulnérable aux cybermenaces et dépend fortement des technologies et services étrangers. Il permettra aussi d’assurer la protection des infrastructures critiques pour améliorer la cyber-résilience à travers des politiques robustes, la capacité de réponse aux incidents et une certification active pour protéger les données et garantir la continuité des services essentiels
L’amélioration du cadre juridique et réglementaire de l’écosystème numérique, la mise au niveau infrastructures, les réseaux et la connectivité universelle, la cyber-résilience et la modernisation du système d’information de l’État font partie des objectifs du programme divisé en 3 phases 2025-2026, 2025-2026, 2025-2028 et qui aura comme finalité la consolidation des acquis et à l’évaluation finale des impacts.
Le mode de financement du « New Deal Technologique » évalué à 1.105 milliards de francs CFA est majoritairement endogène. Sur les 950 milliards du budget déjà identifié, 800 milliards étaient prévus dans l’Agenda national de transformation (ANT) Vision 2050. Selon Mohamed Diaby de la Delivery Unit du Bureau opérationnel de suivi (BOS) 150 milliards FCFA de financement privé sont déjà disponibles.


Pour Senum SA, le potentiel est là
Responsable technique de la politique numérique de l’Etat du Sénégal Senum SA, à travers son directeur général, s’est dite prête à saisir cette opportunité de connecter chaque Sénégalais pour un Sénégal souverain, juste et prospère. « S’agissant de la part de marché d’exploitation des services numérique, sur un marché mondial de 20 000 milliards de dollars en 2022, l’Afrique ne représente hélas que 30 milliards de dollars, le Sénégal 0,5 milliard, soit un pourcentage sensiblement égal à zéro », a déclaré Isidor Diouf.
Revenant sur les enjeux du numérique, il invite le gouvernement à éviter les erreurs du passé qui ont conduit à faible taux d’exécution, soit 19% de réalisation stratégique, 12% d’exécution des 69 projets, 36% de taux de réalisation pour 28 réformes sur la stratégie numérique 2025 qui était jusque là le référentiel national. « Parmi les causes identifiées, nous constatons un modèle de gouvernance inadapté, une absence de schéma directeur global, des initiatives disparates sans cohérence d’ensemble, un manque de leadership et de coordination, un modèle opérationnel cloisonné, une multiplication d’initiatives sans synergie, des difficultés à harmoniser les efforts et à mutualiser nos sources », a-t-il argumenté.
Toutefois, il estime que le Sénégal dispose d’un potentiel majeur pour accélérer sa transformation numérique et devenir un hub technologique régional. « Ses potentialités s’accumulent autour de cinq lignes. Des infrastructures de sauvetage, des infrastructures de connectivité, des technologies IA, une stabilité politique et institutionnelle, ainsi qu’un bon positionnement sous-régional, et un écosystème numérique dynamique », a conclu Isidor Diouf.




