NOUVELLES PERSPECTIVES VILLE DE DAKAR
Et si toutes les planètes étaient alignées pour Dakar.
C’est comme si toutes les planètes se sont alignées en un laps de temps pour la ville de Dakar. Elle passe de capitale entre les mains de l’opposition à la future ville lumière du Sénégal vitrine d’une ambition étatique qui veut en faire son écrin.
Pourtant, les choses ne se présentaient pas ainsi, il y a moins de 3 ans. En effet, le 9 août 2023, Barthélémy Dias, maire en place depuis les élections locales de 2019 arrachait le poste de premier adjoint à Abass Fall. Prétextant d’un besoin de conformisme administratif à l’endroit de la loi sur la parité, il organise et justifie la mise à l’écart des anciens alliés de Pastef avec qui ils ont battu une campagne et remporté la mairie. Deux ans plus tard, la roue a tourné en faveur de l’ancien directeur de campagne du maire Dias. Devenu entre-temps député à l’Assemblée nationale puis ministre du travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions, Abass Fall prend sa revanche sur son Ex compagnon politique. Le 25 août 2025, c’est Abass Fall qui remplace légalement Barth au poste de maire de la ville de Dakar. Il a été élu maire de Dakar avec 49 voix sur 88, succédant à Barthélémy Dias révoqué. Il promet d’être le maire de tous les Dakarois, confirmant son statut de « Borom Ndakaru »
« Je ne serai pas le maire d’une chapelle politique, je serai le maire de tous les Dakarois »
Abass Fall, ministre du travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions voit son passage dans le gouvernement du Premier ministre du Sénégal écourté par ses ambitions politiques en faveur de la ville de Dakar. Profitant de la révocation du maire sortant, il a déposé sa candidature et obtenu 49 voix, soit la majorité absolue devant Ngoné Mbengue de Taxawu Sénégal, mairesse intérimaire qui a obtenu 30 voix. Daouda Gueye, complète le podium avec 8 voix alors que Mouhamed Massamba Séye finit dernier avec 1 voix. Après la proclamation de sa victoire par le préfet de Dakar, le nouveau maire, s’est voulu rassembleur. « Je ne serai pas le maire d’une chapelle politique, je serai le maire de tous les Dakarois », a-t-il martelé.
Une ligne mairie de Dakar-Palais sans fioritures.
L’officialisation de l’élection de Abass Fall crée une nouvelle donne pour les perspectives de la ville de Dakar. En effet, la connexion mairie de Dakar et palais de la République est maintenant à haut débit et les deux maîtres des lieux ont des objectifs communs à court et moyen terme. Le discours du Premier ministre Ousmane Sonko l’a laissé comprendre durant la cérémonie de lancement de la rencontre Dakar Métropole 2050. Souhaitant repenser la future métropole sénégalaise, il veut repenser les mobilités, réinventer les quartiers, redonner souffle aux espaces publics, et inscrire Dakar dans le cercle des grandes métropoles africaines du futur.
Dakar Métropole, c’est l’ambition de la requalification et de la restructuration de quartiers et de territoires…c’est l’offre de logements neufs ou réhabilités conformes aux standards minimaux…c’est la construction d’équipements publics structurants, la promotion de pôles économiques, culturels, éducatifs et portuaires…c’est la création de grands parcs métropolitains (Hann, Technopole, Keur Massar), c’est la protection du littoral contre l’érosion côtière, c’est le développement des mobilités douces et propres (Bateaux-taxis, pistes cyclables)», a déclaré Ousmane Sonko, le 2 sept. 2025 au Grand Théâtre.
Le Premier ministre a regretté les déséquilibres profonds de l’actuel Dakar avec une croissance urbaine insoutenable : 4 millions d’habitants sur moins de 0,3 % du territoire national, 100 000 nouveaux arrivants en moyenne chaque année, 45 % de l’habitat hors norme, sans plan ni raccordement. Une congestion qui paralyse la productivité et une pénurie criante de logements, d’équipements et de mobilité ».
Organisateur de cette journée de partage de la Vision « Dakar métropole internationale 2050 » le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a insisté sur la nécessité de repenser le renouveau urbain de Dakar par une restructuration globale. Selon Balla Moussa Fofana, il faut développer le potentiel de la culture Sénégalaise, engranger les dividendes de la stabilité politique du Sénégal, profiter du climat et des autres atouts de la capitale pour attirer les grands investisseurs. « Ce projet a comme objectif d’impacter la durabilité du cadre de vie des Dakarois. Il a comme objectif d’améliorer le cadre de vie général, la mobilité, l‘accès à un meilleur cadre environnemental, préserver l’emploi des Dakarois. Tout ce que nous voulons faire à Dakar c’est pour le Dakarois. Il faut entendre Dakar comme pôle territorial à l’image des 7 autres pôles pour que les 8 pôles territoires, à l’unisson, tirent le pays vers les objectifs de l’agenda national de transformation économique », a déclaré le ministre.
Pour mettre fin à cette urbanisation anarchique galopante de Dakar, Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires compte s’appuyer sur le travail de la Direction générale de la construction et de l’habitat. Sous la houlette de Moussa Tine, son directeur, cette structure assure sa participation à l’atteinte des objectifs du plan Dakar Métropole 2050 à travers « une réflexion ambitieuse et novatrice pour faire de Dakar une métropole moderne, inclusive et résiliente ».
Les JOJ Sauvés ?


Dans un autre volet, la révocation de Barthélémy Dias à la tête de la mairie permet de préserver le Sénégal d’une possibilité de camouflet mondial durant le déroulement des Jeux olympiques de la Jeunesse JOJ 2026 organisé par le Comité d’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (COJOJ) en partenariat avec le Comité International Olympique (CIO) et l’Etat du Sénégal que la mairie de Dakar accompagne. Un probable camouflet diplomatique en mondovision entre un président de la République ou un Premier ministre qui snobe le maire hôte des invités. C’est le protocole du gouvernement qui se trouve soulagé avec cette nouvelle donne. Ce même protocole apprécie encore plus le changement à la tête de ma mairie de Dakar, car dans l’histoire récente du pays, les seuls maires qui ont eu à travailler normalement et à faire des résultats en faveurs de la communauté urbaine de Dakar sont ceux qui ont des accointances positives avec le Palais. Ce fut le cas de Pape Diop maire de Dakar entre 2002 et 2009. Sa casquette de fidèle compagnon du président de la République Me Abdoulaye Wade lui a largement servi durant son passage à la tête de la ville de Dakar pour obtenir des financements et facilités dans la réalisation de ses projets municipaux.
« Et depuis son départ en 2009, en termes de réalisations, la capitale est presque restée là où le président Pape Diop l’avait laissée. Certains endroits de Dakar ressemblent à des zones de guerres ou des espaces abandonnés. La circulation des voitures est devenue le calvaire des chauffeurs et usagers. L’encombrement des rues et espaces de Dakar s’apparente plus à une jungle qu’à une capitale d’un pays moderne », affirmait Ibrahima Wade Coordonnateur de Bokk Gis Gis dans une lettre ouverte à l’attention des Dakarois avant les élections locales de 2023. Il soulignait certaines grandes réalisations palpables du magistère de Pape Diop comme le recouvrement des impôts, la ville de Dakar est passée de 12 milliards de FCFA en 2002 à 36 milliards de FCFA entre 2002 et 2008, 18 milliards de FCFA d’investissement en 2008 contre 2 milliards FCFA seulement en 2002, 270 km d’éclairage public en 6 ans, Ouverture de 2 centres commerciaux : 4 C au rond-point Pompier, centre commercial HLM, Aménagement d’espaces publics : place du souvenir africain, place bienvenue, place Sfax, Ouverture du Samu municipal, Création de 8 centres de santé et achat d’ambulances médicalisées, faciliter les financements bancaires de la mairie de Dakar, Centre état civil de grand Dakar, Projet dallage des trottoirs de Dakar, devenu pavage avec le maire Khalifa Sall. Le sentiment d’un goût d’inachevé de Pape Diop était d’autant plus grand qu’il avait négocié la possibilité d’un emprunt obligataire de 100 milliards de FCFA qu’il voulait consacrer à la modernisation de tout Dakar. Malheureusement, pour des discordances politiques avec le président de la République, il n’a pas eu l’occasion de rester et de terminer le travail qu’il avait commencé à la mairie de Dakar. Khalifa Sall, maire de Dakar entre 2009 et 2018 connaîtra le même sort. Son refus, de se ranger dans le sillage de la coalition au pouvoir lui a valu un blocage à la dernière minute d’une levée de fonds de plusieurs milliards de FCFA pour la ville de Dakar par le ministère de l’Économie et des Finances en plus d’une chasse aux sorcières qui va l’amener en prison.
L’apaisement diplomatique et politique entre le Palais de la République et la mairie de Dakar fait un autre heureux qu’est Comité d’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (COJOJ) en 2026. En charge de l’organisation des premiers jeux africains, il a porté la candidature de la ville de Dakar qui accueillera le monde olympique en 2026. Cependant, il faut souligner que plusieurs épreuves se dérouleront hors de Dakar. Le COJOJ a mis en place un programme sur plusieurs sites sur la région de Dakar et celle de Thiès pour concerner le maximum de Sénégalais.

C’est ainsi que la station balnéaire de Saly Portudal va abriter les sports nautiques. Les spectateurs qui feront le déplacement sur la Petite Côte de la région de Thiès pourront bénéficier d’un cadre naturel accueillant et d’installations hôtelières de classe mondiale.
Sur le département de Dakar, le stade Iba Mar Diop fera office d’antre de l’athlétisme. Normal, diront les puristes de l’histoire qui se rappellent que le stade Iba Mar Diop a été inauguré en 1978 pour la première compétition d’athlétisme africaine. Sa capacité de 5 000 places a été portée à 6 000 pour contenir toutes les délégations, dont l’athlétisme.
Toujours dans le Département de Dakar, la caserne Samba Dieri Diallo va abriter les épreuves des sports équestres. Grâce aux Jeux, la fédération sénégalaise de sport équestre et la gendarmerie nationale vont bénéficier d’une nouvelle infrastructure de 3 000 places.

La piscine olympique va compléter les installations présentes dans le département de Dakar. Le bassin et ses installations pourront accueillir 6 000 personnes avec toutes les caractéristiques d’une piscine olympique de rang mondiale.
Dans le département de Rufisque, le Palais des Sports de Diamniadio et l’université Amadou Mactar Mbow vont accueillir respectivement les compétitions de basket, de handball, de volley, les sports de combat comme le judo, le Taekwondo et le karaté pour le premier nommé. Le second fera office de village olympique, qui va accueillir les 4 000 athlètes.
Les 22 000 places de l’arène nationale du département de Pikine accueilleront les compétitions de lutte, dont la lutte traditionnelle sénégalaise et d’autres sports comme le tennis de table, le ping-pong, le Badminton ou même le Beach-soccer.




