VACCINOPOLE DIAMNIADIO
Pour une souveraineté sanitaire africaine
Les 100 ans de l’Institut Pasteur ont coïncidé avec l’inauguration du vaccinopole de Diamniadio. Un projet national qui entre dans le cadre de la recherche de souveraineté pharmaceutique et sanitaire sénégalaise et africaine mise à mal par la Covid-19.
Le vaccinopole de Diamniadio est une initiative sénégalaise qui vise à augmenter la production de vaccins et à utiliser les technologies les plus avancées dans leur production. L’inauguration de son site coïncide avec le centenaire de l’Institut Pasteur de Dakar partie prenante de sa réalisation. Plus de 17,8 milliards FCFA mobilisés pour la construction d’un établissement bâti sur une superficie de 3 hectares et qui nourrit comme ambition de couvrir 50 % des besoins en vaccins et médicaments du Sénégal d’ici 2035.
Pour la concrétisation du vaccinopole, l’Institut Pasteur de Dakar a signé avec la Société financière internationale (SFI) et d’autres partenaires privés chargés de coordonner les investissements, une lettre de mandat relative à un investissement de la structure. « Nous avons mobilisé plus de 30 millions (17, 8 milliards F CFA) sur les 220 millions dollars (130 milliards F CFA) pour le projet », avait déclaré l’administrateur de l’IPD, Amadou Sall en marge d’une visite des chantiers. Sall justifiait ce partenariat par le fait que durant la période de la Covid-19, l’accès aux vaccins a été limité aux pays les plus développés. L’absence de production africaine n’a pas permis à un nombre d’Africains d’être vaccinés.
Pour créer cette industrie pharmaceutique au Sénégal, l’Institut Pasteur a intégré plusieurs programmes qui partagent les mêmes des objectifs. Ainsi, l’Union africaine et de l’Africa CDC, qui aspirent à produire 60 % des vaccins consommés en Afrique d’ici 2040 ont participé à sa réalisation ainsi que le programme Manufacturing in Africa for Disease Immunization and Building Autonomy (MADIBA).
Un investissement stratégique de la santé en Afrique
Durant la période de la pandémie de COVID-19, le Sénégal a pu montrer à la face du monde toute son expertise en matière de prévention et résilience contre la pandémie. Et l’Institut Pasteur y a joué un rôle crucial au moment où les vulnérabilités structurelles de l’Afrique en matière de santé publique faisaient peur. La capacité de circonscrire le virus a été saluée de partout dans le monde.
Le Vaccinopole de Diamniadio est au cœur de cette vision. Le jour de l’inauguration du centre, le président de la République du Sénégal a souligné que le site « représente un investissement stratégique pour l’avenir de la santé en Afrique et fait partie intégrante de notre stratégie » pour la construction d’un Sénégal « souverain, juste et prospère », fondé sur la promotion de la science, de la technologie, de l’innovation et de l’excellence. Les nouvelles autorités, dans le nouveau référentiel de politique publique contenu dans l’Agenda National de Transformation « Sénégal 2050 » comptent mettre en place une politique de contribution. Elles comptent aussi développer un capital humain de qualité et une équité sociale à travers la « couverture sanitaire universelle qui passe par la souveraineté pharmaceutique et vaccinale » assure le chef de l’Etat. L’érection de ce centre de haute facture est une première en son genre sur le continent. Il sera capable de produire jusqu’à « 300 millions de doses de vaccins par an », pour couvrir les besoins en santé publique, et ce, non seulement pour le Sénégal, mais également pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.
Dans sa politique et vision globale de panafricaniste, le Président s’engage à mettre à la disposition des autres pays africains les acquis et fabrications des médicaments et vaccins.
Une forme de solidarité continentale adossée à celle des chercheurs, des scientifiques, des techniciens, des partenaires internationaux saluée les interventions. « Vous êtes les architectes de cette nouvelle ère de la santé publique au Sénégal et en Afrique », s’enorgueillit Diomaye Faye.
En-dehors des premiers initiateurs cités plus haut, le projet du vaccinopole a été réalisé grâce au soutien de nombreux partenaires financiers et techniques, notamment l’Union européenne, la Banque européenne d’investissement, l’Allemagne, la France, le Japon, la Banque islamique de développement, et des fondations comme celle de Bill et Melinda Gates.




