4e Conférence Sociale sur l’Emploi et l’Employabilité
L’emploi des jeunes un chantier prioritaire
Le recensement de 2023 révèle que 75 % des Sénégalais ont moins de 35 ans. En milieu urbain, le taux d’emploi atteint 44,3 %, contre 33,6 % en zones rurales. Les femmes, en particulier, sont durement touchées avec un taux de chômage de 36,7 %, a indiqué le Président de la République du Sénégal a l’occasion de la cérémonie de lancement de la quatrième conférence sociale sur l’emploi et l’employabilité, sous le thème : ‘’Emploi et employabilité : défis et perspectives pour un Sénégal souverain, juste et prospère’’.
L’objectif de cette quatrième conférence sociale sur l’emploi et l’employabilité, qui s’est déroulée du 24 au 25 avril 2025 au Centre International de Conférence Abdou Diouf de Diamniadio (CICAD), est selon le ministre du travail, de l’emploi et des relations avec les institutions, Abass Fall, d’établir une feuille de route claire et inclusive afin de promouvoir le développement de l’emploi décent et de qualité, renforcer le dialogue social ou encore proposer des mécanismes novateurs en matière de politique nationale.
« L’emploi des jeunes est un chantier prioritaire », a affirmé le Pr. Bassirou Diomaye Diakhar Faye, en promettant des réformes en profondeur pour trouver des solutions à ce problème. Sur ces réformes, il a laissé entendre qu’il faut une refonte du code du travail et du code de la sécurité sociale, avec pour ambition d’offrir une couverture à l’économie informelle, souvent laissée-pour-compte.
Le chef de l’État est revenu, lors de son adresse, sur la nécessité de l’emploi en rapport avec la dignité humaine, ‘’pilier dit-il, essentiel de la stabilité sociale et du développement humain, (…), mais trouver un emploi qualifié requiert un ensemble de compétences, de qualités et d’aptitudes, c’est ce qu’on appelle l’employabilité’’.
Pour lui, il existe un lien interdépendant entre emploi et employabilité, il a laissé entendre que des stratégies sont nécessaires, d’autant plus que les nouvelles technologies gagnent de plus en plus de terrain, ‘’c’est un défi permanent face aux bouleversements technologiques majeurs que connaît notre époque, notamment avec l’essor fulgurant de l’Intelligence artificielle (IA) et l’utilisation croissante des robots et des services automatisés à la place des humains’’, a expliqué le Président Faye.

Revenant la problématique du chômage, le Bassirou D. Faye souligne que ‘’le constat dressé par l’Organisation internationale du travail est déjà alarmant : un jeune sur cinq dans le monde est sans emploi, sans formation et sans éducation’’, restant dans la même veine, il relève que ‘’selon l’Observatoire de l’Oit, 453 millions de personnes sont en déficit d’emplois dans le monde et 191 millions de personnes en chômage en 2023’’, ‘’cette réalité douloureuse, note-t-il, exige une mobilisation immédiate, coordonnée et déterminée à l’échelle nationale et internationale’’, pour faire comprendre que la problématique est mondiale.
A l’en croire, la Banque mondiale, a appelé à lever les obstacles à l’emploi, indiquant que les pays en développement doivent créer 600 millions d’emplois supplémentaires d’ici 2030 pour accompagner leur croissance démographique.
Pour solutionner le problème, il a réitéré l’engagement du gouvernement, avec le concours des employeurs, des travailleurs, des organisations syndicales et des organisations de la Société civile pour poser les bases d’un pacte de stabilité sociale afin d’asseoir un climat apaisé, propice au développement.
‘’Le défi, lance-t-il, ne peut être relevé que dans un climat social apaisé, c’est pourquoi il est important d’instaurer un dialogue responsable entre le gouvernement, les organisations d’employeurs, les organisations syndicales des travailleurs et la Société civile’’.
Son ministre du travail et des relations avec les institutions Abass Fall embauche la même trompette. Pour lui, l’emploi et l’employabilité constituent des enjeux cruciaux pour notre développement économique et social. Il a soutenu, l’importance d’un travail décent et d’un emploi productif pour tous.
Dans les coulisses de la conférence, il rappelé la nécessité de mettre en place des politiques d’emploi qui répondent aux défis du chômage, de la précarité du travail et de l’inadéquation entre la formation et l’emploi. A l’en croire, il est impératif de créer des opportunités d’emploi durables et d’améliorer l’employabilité des jeunes et des femmes, qui constituent la majorité de la population. Pour réussir ce pari, il a rappelé que lors de la revue des rapports de performance 2024 élaborés dans les quatre programmes de son département il a insisté sur la nécéssité d’améliorer la gouvernance budgétaire pour être conforter dans la démarche de performance pour ce qui est de la conduite de l’action publique et satisfaire aux exigences de la reddition des comptes.
Pour le directeur de l’Emploi, Babacar Sy, il faut une mobilisation nationale et inclusive : État, partenaires sociaux, secteur privé et société civile devront unir leurs forces. Face à une jeunesse nombreuse et un marché du travail en tension, il plaide pour l’exploration de nouvelles niches comme les opportunités numériques mises en rapport avec le monde rural. Durant les tables rondes, il a soutenu que cela pourrait avoir un écho favorable au niveau des jeunesses à l’appel de l’immigration clandestine.
La conférence sociale sur l’emploi et l’employabilité est pour le gouvernement un moyen de réaffirmer son engagement à construire un cadre de concertation sincère, à l’écoute des préoccupations des jeunes et respectueux des normes du droit du travail. Un pacte social est en gestation




