66IEME SOMMET ABUJA
Diomaye Faye, le dernier espoir de la Cedeao ?
On comprend mieux alors la tournée faite par Diomaye Faye dans les pays de l’AES. Sa position équilibrée et son ouverture à l’adoption de protocoles additionnels dans la Cedeao en font l’interlocuteur parfait du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont compris cela raison pour laquelle ils ont reconduit dans son rôle de négociateur pour faciliter le rapprochement avec les pays concernés.
Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao ont reconnu l’intention de retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso lors de la 66 sommet de la Cedeao. Ils ont acté cette volonté affichée des trois membres de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) de quitter l’organisation. Cependant, ces mêmes Chefs d’État et de Gouvernement ont décidé d’une période de transition de six (6) mois (29 janvier 2025 – 29 juillet 2025) au cours de laquelle les portes de la Cedeao resteront ouvertes aux trois pays. Une fenêtre de négociations assez importantes pour permettre à un émissaire de la dernière chance de tenter un rapprochement avec les 3 Etats. Cet émissaire n’est personne d’autre que le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye.
D’après certaines indiscrétions, instaurer une période de transition faisait partie des doléances du président sénégalais. Médiateur officiel entre la Cedeao et l’AES secondé par le chef d’Etat togolais Faure Gnassingbé, qui joue, en sous-main, un rôle d’intermédiaire entre les deux camps depuis le début de la crise. Tous deux espèrent tenir là, une ultime chance, de faire changer d’avis les putschistes. « Les Chefs d’État ont convenu d’une période de six mois pour engager des discussions constructives. Si pendant ce laps de temps, nos frères décident de revenir dans le giron de la CEDEAO, la porte leur restera ouverte », a souligné le ministre le Ministre des Affaires étrangères du Bénin, Olushegun Adjadi Bakari.
Pour ne pas donner l’impression de subir le dictat des 3 membres de l’AES, la Conférence a mandaté le Conseil des ministres pour organiser une session extraordinaire au cours du deuxième trimestre de 2025 afin d’examiner et d’approuver les conditions de départ et de planifier les relations futures, entre la Cedeao et les trois nations concernées.
Une prolongation mal vue par l’AES
La période de six mois pour engager des discussions constructives entre la Cedeao et les Etats membres de l’Alliance des Etats du Sahel AES est vue par ces derniers comme un sursis. Une décision unilatérale qui n’engage en rien l’AES. En effet, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont décidé de claquer la porte de la Cedeao. Ils ont jugé « inappropriées » les sanctions et toutes les autres mesures coercitives prises par l’institution contre le Niger. Ils ont affirmé que leurs décisions étaient irréversibles et qu’à partir du 29 janvier 2025, ils officialiseraient leur sortie de la Cedeao serait actée. De ce fait, la mesure de prolongation de 6 mois est qualifiée de tentative de freiner leur démarche souverainiste tout en permettant la poursuite de plans déstabilisateurs à leur encontre.
À cet effet, les dirigeants de l’AES ont pris de nouvelles mesures pour faire face aux menaces sécuritaires croissantes dans leur espace. Les forces de défense et de sécurité des trois pays membres seront placées en état d’alerte maximale, l’espace confédéral de l’AES sera désigné comme un « théâtre unique d’opérations militaires » pour renforcer la coordination des actions de défense, et les populations des trois États sont invitées à signaler tout comportement suspect et à rejeter toute tentative d’enrôlement dans les groupes terroristes », a déclaré un de leur responsable.




