ENSEIGNEMENTS LÉGISLATIVES ANTICIPÉES
Le triomphe de Pastef et de son chef Le parti au pouvoir tient sa majorité confortable à l’hémicycle et son chef Ousmane Sonko tient sa victoire personnelle après ses déboires à l’élection présidentielle de mars dernier.
Le parti Patriotes africain du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF), a remporté les élections législatives anticipées du 17 novembre passé. La liste portée par Ousmane Sonko obtient 130 sièges sur les 165 mis en compétition à l’Assemblée nationale. La voix est dégagée pour la mise en œuvre du programme ‘’Sénégal 2050’’, tant cher aux nouvelles qui porte la rupture avec le ‘’système’’ en bandoulière.
Après la présidentielle remportée par son candidat Bassirou Diomaye Faye, le PASTEF confirme sa suprématie sur l’arène politique Sénégalaise. Cela signifie qu’il conserve un contrôle significatif sur le processus législatif et peut continuer à mettre en œuvre son programme politique sans dépendre fortement de partenaires ou d’alliés.
Ousmane Sonko est le vrai patron.
Le débat sur sa popularité, sa relation avec les jeunes, le début d’un désamour avec une certaine frange de la population n’aura pas passé la nuit du 17 novembre 2024. Dès les premières tendances, les cartes étaient jouées. Pastef écrasait tout sur son passage et avec des scores staliniens. Les rares départements à échapper à son filet sont les fiefs des pontes de l’ancien régime dans le nord. Sur les 130 des 165 sièges mis en jeu, l’opposition n’y a vu que du feu. Le taux de participation, qui tourne autour de 49,72 %, en hausse par rapport aux législatives de 2022, avec 46,6 %, reste dans la tendance constatée pour les élections législatives au Sénégal. Les jeux sont clairs et le chef du gouvernement et son parti ont les coudées franches pour mettre en œuvre leur programme de « rupture » et mener à bien les différentes reformes tant chères au « projet ». Après le 17 novembre nul ne peut maintenant douter de la légitimité électorale et du leadership de Ousmane Sonko. Il est le vrai maître du jeu !
La fragmentation de l’opposition
45 listes en compétitions pour des élections législatives anticipées ont permis au Pastef de consolider sa position de force à l’Assemblée nationale. Les grandes coalitions de l’opposition n’ayant pas réussi à déstabiliser la machine politique de Ousmane Sonko. Elles n’ont pas retenu les leçons de l’élection présidentielle où en dehors du candidat du Pastef Bassirou Diomaye Faye, Amadou Ba de l’APR et Aliou Dia du PUR aucun des 16 autres candidats n’a obtenu plus de 2 %. Le même phénomène s’est répété avec ces dernières législatives où le Pastef a gagné 40 des 46 départements en jeu. De manière symbolique, aucune des têtes de listes en compétitions durant ces législatives n’a gagné dans son bureau de vote. L’ancien président de la République Macky Sall qui a battu campagne depuis le Maroc n’a pas su capitaliser sur ses anciennes réalisations. Sa stratégie n’est pas passée. Il a obtenu 16 sièges. La coalition Benno Bokk Yaakar avec laquelle il a dirigé le pays pendant 12 ans a volé en éclats.
Son ancien poulain, et ancien Premier ministre Amadou Ba a obtenu 7 sièges pour une première participation. Cependant, ce nombre d’élus ne lui permettra pas de prétendre à un groupe parlementaire. Même cas pour la coalition Saam Sa Kaddu dirigée par Barthlémy Dias. Son agitation de précampagne et ses déclarations n’ont pas été à la hauteur du score réalisé. Pas plus de 3 députés pour 220 000 voix. Avec ce résultat, l’avenir politique de Khalifa Sall, mentor du groupe, Barthlémy Dias, tête de liste, Thierno Bocoum colistier est à écrire en guillemets.
Anta Babacar Ngom, Maguette Séne et Tahirou Sarr en vedette Ils sont les nouvelles têtes de l’Assemblée nationale, Anta Babacar Ngom, Maguette Séne et Tahirou Sarr. Ils représentent la nouvelle vague de politiciens débutants et prometteurs dans l’hémicycle. Leur entrée est vue comme une bouffée d’air frais pour la démocratie sénégalaise. Leur profil et leur discours captent.




