Le Premier ministre Congolais à Dakar pour des explications.
La visite du Premier ministre congolais, Anatole Collinet Makosso à Dakar au mois de juin survient après la suspension, par son gouvernement, du contrat d’affermage attribué à SENELEC pour la gestion du réseau électrique congolais.
Éviter tout quiproquo est la principale raison de la venue du Premier ministre de la République du Congo Anatole Collinet Makosso à Dakar. L’affaire est trop sérieuse pour que le chef du gouvernement de Denis Sassou Nguesso se soit dépêché à Dakar pour donner des explications. Les relations diplomatiques et économiques entre le Sénégal et la République du Congo ne doivent pas en pâtir. Que s’est-il passé ? La filiale de la SENELEC dénommé SOCELEC a remporté un appel d’offre international lui ouvrant une convention d’affermage de dix (10) ans avec le gouvernement congolais. La Société nationale d’électricité du Sénégal devait gérer la distribution et la commercialisation de l’électricité au Congo-Brazzaville. La SENELEC s’engageait à assurer la gestion, l’entretien, la maintenance du réseau, ainsi que la facturation et le suivi des abonnés sur l’ensemble du territoire de la République du Congo.
A l’origine : les syndicats et les élections
A l’annonce, par le gouvernement congolais de la signature de cette convention, plusieurs voies se sont levées pour fustiger le contrat qui selon l’intersyndicale des travailleurs de Energie Electrique du Congo (E2C), la société nationale d’électricité du Congo pouvait mener à des pertes d’emploi et une perturbation de la distribution.
La pression des syndicats d’Énergie Électrique du Congo combinée aux menaces de perturbations de la distribution de l’électricité à quelques mois d’enjeux électoraux a eu raison sur le contrat d’affermage.
C’est le président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, qui a ouvert le bal en affirmant que : « le gouvernement va retirer les contrats d’affermage avec la SENELEC si cela ne trouve pas l’assentiment de la population. L’énergie est une question d’importance. Nous devons éviter tout remous dans cette année précédant une élection majeure ». Une semaine après le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, lui emboîte le pas en annonçant que le son pays « suspend tout en attendant la décision de la commission technique. »
Après la suspension, il fallait gérer la partie contractuelle avec le partenaire sénégalais qui avait gagné le marché et commençait à injecter de la liquidité pour dérouler son programme. Surtout que la SOCELEC avait obtenu le soutien de la Banque mondiale pour 100 millions de dollar dans cet appel d’offres.
La diplomatie pour éviter le désaveu et le procès
Anatole Collinet Makosso est venu à Dakar désamorcer une crise « diplomatico-financière » en gestation surtout que jusqu’à présent, la SENELEC, sa filiale ainsi que la Banque Mondiale n’ont reçu aucune notification officielle de la suspension de ce contrat. Il a affirmé à son homologue Sénégalais que des efforts sont en train d’être faits par son gouvernement pour trouver une solution de sortie de crise. En attendant, une rupture unilatérale de ce contrat pourrait coûter 6 milliards de FCFA en remboursement en plus d’un procès qu’il est certain de perdre et une image détériorée au niveau de la Banque Mondiale.
Pour rappel, l’affermage est le contrat par lequel le contractant s’engage à gérer un service public, à ses risques et périls, contre une rémunération versée par les usagers. Energie Electrique du Congo (E2C), la société nationale d’électricité du Congo a un déficit de fourniture de -40 % dans les villes, -10 % dans les zones rurales en 2023.





