ÉTATS GÉNÉRAUX DES TRANSPORTS
Plan Yooni Naataangue Horion 2050 discuté
La feuille de route du secteur des transports voulue par le gouvernement dénommée Plan Yooni Naataangue Horion 2050 a été partagée aux acteurs du secteur par le ministre El Hadj Malick Ndiaye durant les états généraux des transports publics. Une rencontre souhaitée par le président de la République pour faire des transports les poumons d’une économie croissante et prospère dans laquelle tous les segments sont complémentaires.
Avant tout, il faut faire un état des lieux du secteur pour en connaître ses forces et faiblesses, mais surtout, pour en connaître le potentiel. Dans le domaine des transports, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a initié les états généraux des transports publics du 21 au 25 octobre 2024 pour « faire le diagnostic » du secteur. Au final, cinquante-cinq (55) points ont été soulevés et débattus à la suite des consultations dont douze (12) n’ont fait pas fait l’objet de consensus à en croire au ministre des Infrastructures et des transports, El Hadji Malick Ndiaye. Tous les acteurs du secteur sont revenus sur la gouvernance du transport, le comportement humain, le matériel roulant, le contrôle routier ainsi que les Infrastructures afin d’apporter les mesures idoines à la problématique. Rien n’a été oublié.
Plan Yooni Naataangue Horion 2050
Pour mieux asseoir un système de transport régulier et résilient, un système « inclusif », le Chef de l’Etat avait demandé au ministre des Transports de faire l’état des lieux du secteur pour gérer la « mobilité et tout ce qui est transport interurbain ». C’est de là qu’est né Plan Yooni Naataangue Horion 2050. Il est le volet transport dans le cadre global de l’Agenda de Transformation Nationale « Sénégal 2050 ». Il contient les conclusions du séminaire gouvernemental sur le secteur et leurs différentes observations qui, selon eux, peuvent permettre de mieux répondre aux besoins croissants des usagers. Serigne Bamba Sy, secrétaire général du ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, a soulevé la question du désengorgement de la capitale Dakar pour favoriser l’exploitation des ressources naturelles et agricoles. Une perspective qui rime substantiellement avec « le renouveau du chemin de fer et son repositionnement comme une alternative au cœur des enjeux majeurs ». Le président de l’intersyndicale des travailleurs du secteur aérien, Cheikh Wade, estime de son côté que la prise en compte des préoccupations des travailleurs du secteur aérien permettrait de « mieux reprendre son envol » dans une paix sociale soutenue. Monsieur Wade opte pour le maintien de l’ANACIM telle quelle ou le retour de l’ANAMS (Agence nationale de la météorologie du Sénégal).
Une rigueur et des sanctions comme solution
Segment à problème, le transport terrestre a mis sur ma table ses maux. Gora Khouma, secrétaire général des Transporteurs routiers du Sénégal à pointer du doigt l’origine du problème dans son secteur. « Le transport au Sénégal est malade. Nous devons changer nos comportements pour l’adapter aux besoins de notre société ». Ce à quoi a répondu le ministre en affirmant qu’au sortir de ces états généraux, l’Etat va mettre tout un chacun devant ses responsabilités. L’État jouera sa partition avec toute la rigueur nécessaire ». Une rigueur dans l’application des lois qui fait défaut selon Momath Cissé de l’Ascosen. Le représentant des usagers, a mis l’accent sur la dissuasion par la sanction et l’importance de renouveler le parc automobile pour garantir la sécurité et le confort des passagers. Pour le second aspect, il invite l’Etat à poursuivre les projets de renouvellement du parc automobile, de la sécurité du terrain, du confort, de la solidité. » Le consumériste a en outre plaidé pour la modernisation des gares routières et la matérialisation de nouvelles infrastructures.
La digitalisation intégrale pour accélérer la régulation.
Dans son speech d’ouverture des travaux des Assises, le Président de la République avait insisté sur la question des accidents routiers, des embouteillages malgré les nombreux efforts consentis dans la réalisation d’infrastructures. « Il est impératif que les acteurs socio-professionnels ainsi que les usagers s’engagent dans une introspection sincère et dans une prise de conscience de leur responsabilité. Non ! Ce n’est pas une fatalité. Si seulement nous comprenions l’importance et l’adaptabilité dans nos stratégies de développement du transport public », avait Bassirou Diomaye Faye. Le comportement humain était visé par cette partie du discours. Comme réponse, le ministre et les acteurs du transport espèrent que la technologie pourrait apporter une réponse. Dans les conclusions des travaux, la digitalisation intégrale est une option pour réglementer la circulation, mais aussi intégrer la problématique des deux-roues, le projet d’instauration du permis à point, la carte professionnelle du chauffeur, le renouvellement du parc automobile et le renforcement du contrôle routier à l’aide de la technologie.
Les acteurs du secteur des transports en collaboration avec les agents du ministre des Infrastructures et des transports sont invités par le président de la République à saisir cette opportunité des états généraux des Transports pour moderniser le secteur des transports publics. Les conclusions et recommandations du rapport définitif qui doit être produit d’ici juillet sont à ce titre d’une grande importance.
La portée internationale des états généraux des transports a été mise en avant pas la participation de pays frères à ces rencontres. Le ministre des Transports de la Côte d’Ivoire Amadou Koné et son homologue de la Guinée-Bissau Marciano Silva Barbeiro ont durant les travaux rappelés les enjeux et défis du secteur pour nos économies encore fragiles. Ils ont souligné la dimension économique du secteur qu’ils qualifient de « poumons » de l’économie dans un monde où « nous sommes en compétition. Le secteur des transports doit aller vers la professionnalisation, car c’est cette professionnalisation qui va rendre nos économies compétitives. À défaut d’une telle politique prévient le ministre Koné « nous allons vers des échecs répétitifs ».




