FAMA DIENG NDIAYE : DIRECTRICE CROUS UAM
Le leadership féminin est une réalité qui doit être renforcée à tous les
niveaux »

Mme Fama Dieng NDIAYE, plus connue sous le sobriquet de « La Juriste
d’affaires », et Top leader de l’Académie Neumann, est titulaire d’un Master II en Droit des Affaires Internationales, Ingénierie Économique spécialité Logistique et Management Portuaire. Elle est titulaire d’un autre Master II en Droit de l’Homme et de la Paix à l’Institut des Droits de
l’Homme et de la Paix de l’université cheikh Anta Diop de Dakar.
Depuis juillet 2024, Mme Ndiaye Fama Dieng est nommée à la tête du
Centre Régional des Œuvres Universitaires Sociales (CROUS) de Diamniadio. En quelques mois, elle a su insuffler une nouvelle dynamique à cette institution en apportant des réformes majeures pour améliorer le cadre de vie des étudiants. Son engagement indéfectible et sa proximité avec
la communauté estudiantine lui ont valu le surnom affectueux de “la
maman des étudiants”.
Mme Ndiaye Fama Dieng : une leader engagée, une juriste leader
chevronnée et une maman de cœur pour les étudiants !
Vous venez de prendre vos fonctions en tant que Directrice du CROUS
de l’Université Ahmadou Mahtar Mbow. Quelles sont vos premières
impressions et les priorités que vous vous êtes fixées ?
Ma prise de fonction a été marquée par une période d’observation et d’échanges avec les différentes parties prenantes : les étudiants, les personnels administratif et technique, ainsi que les partenaires institutionnels. Mes premières impressions sont positives, car je constate une forte volonté de collaboration pour améliorer les conditions de vie et d’études des étudiants. En effet, comme je le dis lors de mes rencontres avec les étudiants et le personnel, mon principal objectif est de faire du CROUS de Diamniadio, un CROUS épanoui pour tout le monde, chacun doit se sentir chez lui ici. C’est pourquoi, dès mon installation, je me suis attaquée au confort des étudiants avec des campagnes de désinfection, de désinsectisation, de désherbage et de saupoudrage, pour débarrasser le campus social des contrariétés qui empêchaient aux étudiants d’être à l’aise.
C’est dans le même sillage, que j’ai installé, avec le soutien de la direction des bourses, une antenne pour davantage rapprocher les services en charge des bourses avec les étudiants. C’est la première antenne des bourses implantée dans une université, après l’Université Assane Seck de Ziguinchor.
J’ai choisi d’aller vite sur l’amélioration des conditions de vie et d’études des étudiants, pour être en droite ligne avec la Lettre de Politique Sectorielle (LPS) du Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Innovation adossée sur le référentiel Sénégal 2050. En effet, il est édicté dans la Lettre de Politique Sectorielle l’amélioration des infrastructures pour offrir un cadre d’apprentissage de qualité. C’est cela ma boussole et c’est pourquoi, mes priorités sont axées sur cinq piliers essentiels :
-L’amélioration des conditions de vie, d’hébergement et de restauration en assurant une meilleure gestion de la qualité des infrastructures et services.
– L’accélération du processus de digitalisation du CROUS- D
– Le renforcement du cadre de vie et de la sécurité des étudiants
– Le renforcement du partenariat national et international
-Le renforcement du dialogue social pour anticiper et gérer les attentes des étudiants et du personnel.

L’Université Ahmadou Mahtar Mbow met en avant “L’innovation au service du social”. Comment cette vision se traduit-elle dans la gestion du CROUS et des services aux étudiants ?
L’innovation est essentielle pour offrir aux étudiants un cadre de vie adapté aux exigences actuelles. Nous misons sur la digitalisation des services (gestion des codification, l’accès au campus, accès aux restaurants, la gestion des dossiers médicaux, des plateformes de communication dédiées), pour toujours être en phase avec le new deal technologique qui fait de la digitalisation accessible et innovante une priorité. Ce qui recoupe ma conviction que j’ai toujours défendue partout dans mon cursus professionnel. L’innovation c’est aussi l’amélioration des infrastructures en tenant compte des défis environnementaux et sociaux.
Nous travaillons également sur des projets innovants, tels que l’instauration d’espaces de co-working et le développement d’un accompagnement socio-professionnel pour les étudiants. La création d’espaces verts reste également une priorité
Quelles sont vos relations avec les différentes entités du CROUS : étudiants, enseignants, personnel administratif, populations environnantes ?
Dès ma prise de fonction, j’ai adopté la politique de “la porte ouverte” en me mettant à la disposition de toutes les entités du CROUS. D’ailleurs, j’ai privilégié une approche participative en allant vers les différentes parties prenantes pour comprendre leurs attentes et préoccupations. Je crois qu’il est primordial d’instaurer une communication directe et fluide avec les étudiants, le personnel et les partenaires sociaux pour assurer une gestion efficace des œuvres universitaires. C’est une conviction forte chez moi.
Au-delà du Campus, nous travaillons également avec les autorités académiques, les autorités administratives et territoriales, les populations locales et d’autres partenaires pour favoriser une cohabitation harmonieuse entre le CROUS -D et son environnement immédiat.
Les campus sociaux sont souvent le théâtre de tensions et de crises. Quelle est votre stratégie pour améliorer la vie étudiante et prévenir ces situations ?
Vous savez, la gestion d’un campus social est toujours une gestion des tensions et des crises inhérentes à la vie estudiantine partout dans le monde. Pour prévenir les malentendus et les crises, j’ai instauré, avec mes équipes, une écoute active et un dialogue constant avec les étudiants et les PATS
Au CROUS de Diamniadio, nous avons mis en place des cadres de concertation avec les représentants des étudiants et des syndicats pour anticiper les problèmes et trouver des solutions adaptées.
Nous travaillons aussi sur des initiatives sociales et culturelles pour renforcer la cohésion et l’esprit de responsabilité au sein du campus. C’est pourquoi, la médiation et la sensibilisation sont au cœur de notre approche.
Le financement et le climat social sont des défis récurrents dans les universités sénégalaises. Comment le CROUS de Diamniadio adapte-t-il sa politique sociale face à ces enjeux ?
Compte tenu des défis immenses qui nous attendent, nous cherchons à diversifier nos sources de financement en renforçant les partenariats avec les ministères, le secteur privé et d’autres institutions nationales et internationales. Ainsi, nous avons entamé une collaboration avec LONASE, la SOGIP, l’ANER, l’ASER, la SONAGED, la Croix Rouge Sénégalaise, la Sous- brigade d’hygiène de Rufisque, les Eaux et forêts, les Sapeurs-pompiers, la Gendarmerie, AIBD, DGPU, horizon sahel, I2ED, YAS, ICO, FKS, TNI, IBS, AL ATAA, DIRECT AID SOCIETY
De plus, nous optimisons la gestion des ressources disponibles en instaurant une politique de transparence et de rigueur budgétaire. L’accent est également mis sur les aides sociales avec « l’instauration des journées du sociale au CROUS-D », pour permettre aux étudiants en situation de vulnérabilité de poursuivre leurs études dans de bonnes conditions.
Vous êtes la première femme à diriger le CROUS de Diamniadio. Qu’est-ce que cela représente pour vous et quelles responsabilités particulières cela implique-t-il ?
C’est, à la fois, un honneur et une grande responsabilité. La fonction de directrice du CROUS de la prestigieuse université Amadou Makhtar Mbow me donne l’occasion de montrer que les femmes ont pleinement leur place dans les postes de leadership et peuvent apporter un nouveau souffle à la gestion des œuvres universitaires.
Cela implique aussi un devoir d’exemplarité et de transmission, en inspirant et en accompagnant les jeunes femmes qui aspirent à des postes de responsabilité.
La Journée du 8 Mars met en lumière les défis persistants en matière d’égalité des genres. Quels sont, selon vous, les principaux obstacles qui freinent encore l’accès des femmes aux postes de direction au Sénégal ?
Selon moiles principaux obstacles qui freinent encore les femmes aux postes de direction sont de trois ordres, à savoir :
-Les stéréotypes de genre, qui influencent la perception des compétences des femmes.
-l’accès limité à l’éducation, la formation et aux financements qui limite l’accès aux opportunités de carrière.
-Les contraintes socioculturelles, notamment la difficulté de concilier vie professionnelle et responsabilités familiales.
Dans votre parcours, avez-vous été confrontée au “plafond de verre” en tant que femme ? Comment avez-vous surmonté ces défis ?
Oui, comme beaucoup de femmes, j’ai dû faire face à des résistances et à des remises en question. J’ai surmonté ces défis grâce à la persévérance, la formation continue, l’engagement et le développement de mes compétences
Il est essentiel que les femmes croient en leur potentiel et osent prendre leur place dans des sphères traditionnellement masculines.
Les jeunes étudiantes font parfois face à des défis spécifiques dans leur parcours universitaire. Quel rôle le CROUS peut-il jouer pour favoriser leur réussite et insertion professionnelle ?
Le CROUS peut jouer un rôle clé en mettant en place des programmes de mentorat et de coaching, en favorisant l’accès aux stages et opportunités professionnelles et en sensibilisant sur les questions de genre et d’égalité des chances.
D’ailleurs, nous sommes en train de développer des initiatives en ce sens, en collaboration avec des institutions publiques et privées. En ce moment, nous travaillons sur la création d’un réseau de mentorat au sein du campus de Diamniadio, avec des femmes leaders issues de divers secteurs et nous sommes en train de signer des conventions de partenariat pour l’insertion de nos étudiants. L’objectif est d’accompagner les étudiantes dans leur parcours académique et professionnel.
Nous voulons aussi organiser des conférences et ateliers animés par des femmes inspirantes, pour les encourager à oser et à s’imposer dans leur domaine.
Quel message aimeriez-vous adresser aux jeunes femmes qui aspirent à occuper des postes de responsabilité ?
Mon message est clair : croyez en vous et en votre potentiel. Ne laissez pas les stéréotypes définir vos ambitions. Travaillez dur, formez-vous, entourez-vous des bonnes personnes et saisissez chaque opportunité qui se présente.
Le leadership féminin est une réalité qui doit être renforcée à tous les niveaux.
Quelles sont vos ambitions et vos projets à moyen et long terme pour le développement du CROUS de Diamniadio ?
À moyen terme, je souhaite mettre le curseur sur le renforcement de la qualité des services offerts aux étudiants, en améliorant l’hébergement, la restauration et les services sociaux. C’est ainsi que nous sommes en train d’aménager des espaces verts et sportifs et de loisirs pour compléter la chaîne de confort pour les étudiants.
La digitalisation de l’ensemble des processus qui encadrent les œuvres sociales, centrée sur l’étudiant pour une optimisation du temps de prise en charge de leurs préoccupations, est aussi un projet qui me tient à cœur.
Un autre chantier que je viens de lancer est la mise en place d’un dispositif de prise en charge médicale universelle des étudiants de l’UAM bénéficiaires des œuvres sociales, dont la phase de faisabilité avec des partenaires comme la CMU et les assureurs est en cours.
Mes ambitions pour les étudiants se résume en ces termes :
Un étudiant – un logement
Un étudiant – un ticket restaurant
Un étudiant – une prise en charge médicale correcte
Un étudiant – un cadre de vie agréable
Un étudiant- une écoute active en tout instant
Enfin, je suis en train de travailler sur le déploiement du CROUS au niveau national et international dans le but d’optimiser les ressources nécessaires pour atteindre les objectifs que nous nous sommes assignés, mon équipe et moi.
À long terme, mon ambition est de faire du CROUS un modèle d’excellence et d’innovation, tout en contribuant activement à la promotion du leadership féminin dans l’enseignement supérieur.





