TCHAD : Qui en veut au pouvoir en place ?
Toutes les thèses, même les plus folles sont avancées pour expliquer l’origine des tirs en direction du palais présidentiel en cette soirée du 7 janvier 2025. Tentatives de coups, manifestations qui tournent mal, attaques de Boko Haram ou complot de la France, l’Afrique a vibré au rythme de l’évolution de l’attaque jusqu’à ce que la situation soit revenue à la normale
Ce qui est sûr et certain, c’est qu’il y a eu une attaque armée d’un commando d’au moins 24 personnes dont 18 morts et 6 blessés du côté des assaillants qui ont attaqué le Palais présidentiel au soir du 7 janvier 2025 à NDjamena. Ce bilan a été fait par le gouvernement qui a vite informée que la Garde présidentielle a repoussé une attaque terroriste contre le palais.
Dans les murs du siège du président de la République, on évoque une tentative de déstabilisation qui a été éradiquée. « Il n’y a aucune crainte. Il n’y a rien de grave. Nous attendons la venue du procureur de la République pour vous montrer la réalité de ce qui s’est passé. La situation est sous contrôle. C’est un petit incident qui s’est passé. Les forces de défense et de sécurité ont été mobilisées, et tout a été éradiqué », a déclaré le ministre des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement, Abderaman Koulamallah, dans un post vidéo sur les réseaux sociaux repris par la presse.
Après l’attaque, l’heure été venue de situer les responsabilités et plusieurs thèses ont fusé. Si pour certains, la tenue des assaillants pouvait laisser croire qu’ils étaient de Boko Haram, pour d’autres la main de puissance coloniale est bien présente.
Ceux qui parlent de Boko Haram mettent en avant la porosité des frontières autour du Lac Tchad et la présence de plusieurs unités de l’organisation terroriste dans cette partie du contient. Selon eux, le départ des français et la nature clanique du pouvoir étaient des circonstances assez favorables pour monter sur Ndjamena.
Pour les tenants de la thèse française, le fait que cette attaque intervienne juste quelques jours après la décision unilatérale du gouvernement tchadien de mettre fin à l’accord de coopération en matière de défense signé avec la République française fonde leur point de vue. En colère contre Mahatma Idriss Déby l’Elysée aurait favoriser cette attaque pour démontrer l’importance de sa base dans la capitale.
D’autres acteurs opposés au régime de Mahatma Idriss Déby parlent d’une mise en scène politique pour radicaliser le pouvoir. La facilité par laquelle ses assaillants sont arrivés jusque devant les grilles du Palais de la Nation, la rapidité de l’intervention de la Grade républicaine et la présence d’acteurs politiques comme le ministre des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement, Abderaman Koulamallah, sont leurs arguments. Ils se demandent aussi si d’autres infiltrations sont-elles signalées ailleurs dans la capitale ?
Toujours est-il que le Parquet Tchadien a lancé des investigations pour situer les responsabilités. Le procureur a qualifié ces actes de crimes graves. Il a ouvert une enquête pour identifier et arrêter les commanditaires. Il parle d’assassinat, d’atteinte aux institutions de l’État et tentative de complot contre l’ordre constitutionnel.




