Un accord de paix et un plan de relance en Casamance.
On n’est pas loin d’un alignement des planètes pour le retour de la paix en Casamance après la signature d’un accord de paix entre l’Etat et une faction du MFCD et l’annonce du plan Diomaye pour la Casamance à hauteur de 54 milliards FCFA.
L’espoir d’une paix définitive en Casamance est de plus en plus grand dans la partie septentrionale du Sénégal. Plusieurs faits contribuent à nourrir cet espoir. En effet, un protocole d’accord de paix avec l’une des factions du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) a été signé le 23 février avec l’Etat du Sénégal représenté par le premier ministre Ousmane Sonko à Bissau. Cet accord a été possible grâce aux efforts du président de la République de Guinée Bissau Umaro Sissoco Embalo
Des responsables du Front Sud du MFDC dirigé par César Atoute Badiate acceptent pour un premier temps, le dépôt des armes, la démobilisation des combattants ainsi que leur réinsertion dans la société.
« La présence du Premier ministre à Bissau constitue un signal fort et prouve que le nouveau régime prend les choses au sérieux. D’abord, une très grande satisfaction. Je vois que c’est ce qui a été fait qui est en train d’être consolidé. En 2022, c’était un accord qui a été signé, mais qui n’avait pas été concrétisé. Donc là, avec la présence du chef du gouvernement du Sénégal, je pense que l’on passera au concret », a-t-il souligné Lamine Coly, membre de l’Initiative pour la Réunification des Ailes Politiques du MFDC.
La division du MFDC en factions complique un peu les négociations, cependant, selon Henry Ndecky. « Aujourd’hui, au niveau du MFDC, il y a plusieurs leaders. Et puisqu’il y a davantage de leaders, il faut discuter avec plusieurs leaders qui sont déjà prêts à aller vers la table des négociations et continuer à chercher des contacts avec les autres ». A la tête de la coordination des organisations de la société civile pour la paix en Casamance il fait partie des facilitateurs dans les négociations de paix. Il ne décourage pas de voir les leaders du Front Nord, ceux de la faction de Salif Sadio et celle de Diakaye rejoindre discussions avec les autorités pour une paix définitive en Casamance.
Pour le premier ministre Ousmane Sonko, qui a supervisé les négociations avant de se déplacer à Bissau spécialement pour la signature de cet accord de paix, cet acte rentre dans le déploiement progressif du Plan Diomaye pour la Casamance. Une sorte de Plan Marshall pour la Casamance doté d’une enveloppe de 54 milliards FCFA lancé au mois de janvier. Le Plan Diomaye pour la Casamance a pour objectif d’accélérer le développement de la région sud du Sénégal.
« Le président Bassirou Diomaye Faye a un plan ambitieux, appelé « Plan Diomaye pour la Casamance » un plan de développement économique et social qui ne peut être mis en œuvre sans une paix définitive. Pour cela, nous saluons l’engagement du chef d’État guinéen Umaro Sissoco Embaló en faveur d’une paix définitive en Casamance. Tout ce qui impacte le Sénégal impacte aussi la Guinée-Bissau et vice-versa », a-t-déclaré à la presse.
Le chef du gouvernement qui a tenu à rappeler que la paix en Casamance constitue une priorité pour le gouvernement sénégalais affirme que cet accord constitue un grand pas pour un retour définitif de la paix en Casamance
Pour rappel, le « Plan Diomaye pour la Casamance » prévoit d’investir 54 milliards FCFA pour une réinstallation des déplacés. Le retour des populations déplacées, parfois depuis plus de vingt ans, dans leurs villages d’origine accompagné par le programme de déminage humanitaire accéléré début 2025. Le conflit en Casamance, est marquée par une rébellion séparatiste depuis 1982.





