USA UKRAINE RUSSIE
Le compromis des forts
Le proverbe africain dit quand deux éléphants se battent c’est l’herbe qui en pâtit. Mis dans le contexte du conflit ukrainien, Kiev est ce tapis herbacé sur lequel les Etats-Unis et la Russie, les deux mastodontes des relations internationales se battent pour le contrôle des richesses du sous-sol.
Les Etats Unis ont trouvé un accord de partenariat mettant en place un fonds d’investissement pour la reconstruction de l’Ukraine et donnant aux entreprises américaines un accès prioritaire à ses ressources naturelles. Ils vont maintenant discuter avec les Russes pour trouver les modalités d’un nouvel accord militaire qui mettrait fin à la guerre.
Ce qu’il faut retenir des derniers événements dans le déroulé du conflit entre l’Ukraine et la Russie c’est que les Etats peuvent jouer sur plusieurs tableaux pour défendre leurs intérêts. Il n’y a pas de place pour les sentiments où les idéologies. Farouche défenseur de l’Ukraine annexée, les USA sont leur premier fournisseur d’armes, pourvoyeur de renseignements et principal bailleur de fonds. Pendant trois ans, si l’Ukraine a pu résister à l’Ogre Russe c’est grâce à l’appui des dollars Etas uniens. Mais l’arrivée du nouveau président, Donald Trump, a rebattu les cartes surtout avec la montée en puissance de la machine de guerre Russe qui a eu le temps de former des troupes, renouveler ses stocks et lancer de nouvelles lignes de production d’armes modernes. Il faut donc plus d’armes, plus de munitions et des renseignements à toute heure pour éviter que l’armée Russe n’avance plus en profondeur dans les terres ukrainiennes. En effet, depuis le début de l’année 2025 la Russie a grapiller plus de 100 km2 de terres et chassé toute présence militaire adverse sur son territoire notamment dans la région de Koursk.
La situation de faiblesse de l’Ukraine a donné la possibilité aux Etats-Unis de profiter d’une position de force pour introduire ses entreprises. Sous le couvert de la recherche d’une paix définitive, le président Trump a obtenu la signature « presque forcée » par le président Ukrainien Volodimir Zelensky d’un accord de partenariat mettant en place un fonds d’investissement pour la reconstruction de l’Ukraine et donnant aux Américains un accès à ses ressources naturelles. Cet accord intervient après la cessation des livraisons d’armes de la part des USA à l’Ukraine, l’arrêt des virements bancaires pour payer les traites de Kiev, la suspension de l’assistance technique et de la délivrance de renseignements en faveur des forces ukrainiennes. Un sevrage trop brusque qui a conduit à une avancée rapide des troupes russes sur le terrain. Zelensky étant pris au piège, il a concédé la mise sur pied de ce fonds d’investissement qui permettra de financer des « projets d’extraction de minerais, de pétrole et de gaz ». En langage plus clair les entreprises américaines vont exploiter les terres rares de l’Ukraine en priorité, elles vont exploiter le gaz et le pétrole présents dans le secteur en échange d’une protection militaire. Grâce à cet accord, des milliers d’américains seront présents sur le sol ukrainien. Le seul fait de leur présence physique sera suffisant pour dissuader l’armée russe de frapper les terres de Kiev au risque d’être à l’origine d’un acte de cobelligérance. Un opportunisme économique de la part des Etats-Unis que le vice-président qualifie de juste rétribution des choses après les nombreux packages d’aide militaires débloqués par son pays pour que l’Ukraine ne ploie pas devant l’armée Russe.
Pour sauver la face et la fierté, il est dit dans cet accord de partenariat économique avec les Etats-Unis, que Kiev conserve l’entière propriété et le contrôle de ses ressources mais qui est dupe ?
Peut-être les Européens. Ils ont vidé leurs stocks d’anciennes armes et entamé leurs réserves de munitions. Ils ont démontré leurs divergences d’option politiques face à une probable menace externe. Vrais dindons de la farce, ils ont financé 2/3 de l’aide internationale pour l’Ukraine et se retrouve à payer plus cher du gaz américain livré en compte-goutte par bateaux au prix fort alors qu’ils avaient le robinet russe à coût maitrisé. Ils se retrouvent à subir les négociations entre Américains, Ukrainiens et Russes alors qu’ils accueillent plus d’un million de réfugiés sur leur sol. A l’image de la conférence de Yalta qui a vu Roosevelt et Staline se partageaient le monde en 1944, les négociations tripartites entre Ukrainiens Russes et Américains se feront sans eux et pire encore, leurs entreprises ne gagneront pas de gros marchés dans la reconstruction de ce qui restera de l’Ukraine post guerre.




