EXPOSITION UNIVERSELLE OSAKA 2025
Vers un partenariat renforcé avec le Japon
À l’occasion de la Journée du Sénégal à l’Exposition universelle, Osaka-Kansai 2025 au Japon, le président de la République a présidé le Forum économique international, en présence de hauts responsables, d’investisseurs et de partenaires stratégiques. Bassirou Diomaye Faye a également célébré, la profondeur des relations bilatérales entre le Sénégal et le Japon, marquées par 65 ans de coopération exemplaire.

Au cours de son intervention, le chef de l’Etat, a présenté les atouts stratégiques du Sénégal, en insistant sur les secteurs-clés qui soutiennent la dynamique de croissance nationale. Il a notamment souligné l’ambition énergétique du pays, avec un objectif d’atteindre 40 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique d’ici 2030. L’agro-industrie figure également parmi les priorités, à travers la valorisation des terres arables et la promotion de la transformation locale des produits agricoles. Le Président Faye a par ailleurs évoqué le développement des infrastructures et du numérique, visant à positionner le Sénégal comme un hub logistique régional tout en renforçant la connectivité. Dans les domaines de la santé et de l’innovation, il a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur de la souveraineté pharmaceutique et du développement de la télémédecine. IL a salué le potentiel du capital humain, porté par une jeunesse qualifiée, dynamique et ouverte sur le monde. Le président de la République a également réaffirmé l’engagement du gouvernement à accompagner les acteurs du secteur privé dans un environnement réformé, stable et attractif, au cœur de la Vision Sénégal 2050. « Ce panorama sectoriel s’inscrit pleinement dans la Vision Sénégal 2050, qui ambitionne de bâtir une économie inclusive, compétitive et résiliente » a-t-il dit. Il a aussi plaidé pour un renforcement de la coopération dans des domaines stratégiques comme la formation, la santé, l’hydraulique, la pêche et la sécurité. Un accord a d’ores et déjà été conclu pour la construction d’une annexe du Centre de formation professionnelle et technique Sénégal-Japon (CFPT-SJ) à Diamniadio. D’autres accords sont attendus dans les prochains jours, ouvrant de nouvelles perspectives pour un partenariat jugé prometteur.
D’ailleurs, c’est dans cette dynamique qu’il a donné rendez-vous aux différents partenaires à Dakar, les 7 et 8 octobre 2025, à l’occasion du Forum Invest in Sénégal, « afin de bâtir ensemble des partenariats gagnant-gagnant au service d’une croissance partagée ».
L’autre moment fort de cette journée fut la visite du président au pavillon du Sénégal. Après avoir visité les différents compartiments, il s’est félicité de la qualité de la conception de ce pavillon, qui incarne, selon lui, « une philosophie de développement matérialisée par une scénographie ingénieuse, faisant dialoguer notre riche patrimoine culturel avec les innovations technologiques les plus récentes et prometteuses ». À rappeler qu’à la veille de la Journée du Sénégal à l’Exposition universelle Osaka-Kansai 2025, le Président à rencontrer les PME et PMI sénégalaises venues représenter le pays. Il a salué leur engagement et leur dynamisme, rappelant le rôle déterminant qu’elles jouent dans la construction nationale et dans la réalisation de la Vision Sénégal 2050 et a réaffirmé la volonté du Gouvernement d’accompagner et de soutenir les acteurs du secteur privé, « véritable moteur de croissance, de création d’emplois et d’innovation, afin de bâtir une économie forte, compétitive et résiliente ». Aussi, en marge de cette visite officielle au pays du soleil levant, le président a rencontré la communauté sénégalaise établie au Japon. Ce moment d’échanges et d’écoute a offert l’opportunité au Chef de l’État de réaffirmer les liens solides qui unissent la Nation à ses fils et filles de la diaspora. Les discussions ont porté sur la valorisation du rôle de la diaspora dans le développement économique et social du Sénégal, ainsi que sur les initiatives de coopération entre le pays et ses ressortissants vivant à l’étranger. Il a souligné l’importance de maintenir un dialogue constant avec la diaspora, encourageant les fils du pays à s’impliquer dans les projets de développement, à promouvoir la culture sénégalaise et à renforcer le rayonnement international du pays. La rencontre, empreinte de convivialité et de proximité, a également été l’occasion pour les membres de la communauté de partager leurs préoccupations et suggestions, dans un climat d’écoute et de dialogue constructif.
Une Vision Sénégalaise pour un Développement Durable
Présent lors de ce grand rendez-vous international, le ministre de l’industrie et du commerce a déclaré que « le Sénégal est aujourd’hui une nation d’opportunités, déterminée à transformer ses ressources en richesses durables ». Serigne Guèye Diop, a salué la coopération fructueuse entre les deux pays, soulignant l’importance du soutien japonais à la mise en œuvre de ce rendez-vous économique majeur. « Votre présence, aujourd’hui, est le plus beau témoignage de l’amitié qui unit nos nations », a -t-il affirmé, tout en insistant sur les quatre piliers de la stratégie de transformation du Sénégal à l’horizon 2050 : l’exploitation et la valorisation des ressources extractives (gaz, pétrole, phosphate, fer, zircon), avec l’ambition de transformer localement les richesses du pays au lieu de les exporter à l’état brut. Le développement de l’agro-industrie, afin d’assurer l’autosuffisance alimentaire et de créer de la valeur ajoutée dans la transformation des produits agricoles. La montée en puissance de l’industrie manufacturière, notamment le textile, l’électroménager et la pharmacie, pour réduire la dépendance aux importations (actuellement à 95 %). Enfin, les services à haute valeur ajoutée (logistique, transport, nouvelles technologies), considérés comme leviers de compétitivité et d’intégration internationale.
Il reste optimiste quant aux retombées de cet événement pour le Sénégal. « Nous avons eu près de 400 participants, lesquels ont montré leur intérêt et compris que le Sénégal n’était pas un pays comme les autres. Surtout, nous avons gagné en crédibilité grâce à l’intervention de partenaires solides, tels que Toyota Tsusho (propriétaire de Cfao au Sénégal,) ou encore Mitsubishi, présent dans le secteur du pétrole et du gaz, qui sont venus témoigner. Ils ont rassuré les Japonais avec ces termes : « Nous sommes au Sénégal depuis 50 ans et c’est un pays où il faut être ». La visibilité est importante, mais l’essentiel, ce sont les investissements. Nous voulons savoir combien d’entreprises japonaises, de PME et de multinationales viendront s’implanter au Sénégal. Nos zones économiques spéciales de Diamniadio, Sandiara, Diass ou encore nos projets miniers en Casamance et à la Falémé sont prêts à les accueillir » a-t-il expliqué. Pour lui, la portée politique et diplomatique de cette participation, est la présence du chef de l’État qui a donné une crédibilité supplémentaire.
Un fort impact pour le prive Sénégalais
Amadou Mansour Mbodji directeur exécutif de la plateforme « collier », une plateforme qui développe une chaîne de valeur dans plusieurs domaines d’activités et principalement sur l’agriculture montre son entière satisfaction par rapport à cette exposition universelle. Sa participation par le biais de L’ADPME lui a permis de nouer des partenariats avec des prives japonais qui projettent un investissement au niveau du pôle urbain de Diamniadio. Également un autre projet dans le domaine de la production animale dont le site est prévu au centre zootechnique de Daara Djoloff dans la région de Louga, zone où se trouve une bonne partie du cheptel sénégalais. Dans le cadre des financements, il y ‘a aussi des propositions « même s’il faut être prudent avec les financements qui en grande partie jouent sur les importations ». « On veut que les choses se passent localement » a-t-il précisé.
Cependant, il note quelques manquements relatifs à une bonne présentation de la destination sénégalaise. « L’aspect international n’a pas été carrément pris en compte. On a fait l’analyse de notre pays suivant notre compréhension » ce qui a un peu mis en défaut l’aspect visuel selon lui, en évoquant aussi la barrière linguistique qui s’est ressentie faute d’interprète. Sur le plan culturel, M. Mbodji estime que la présentation du Sénégal va au-delà de la conception d’objets artistiques. Elle doit être tirée de son histoire « comme la fait les Égyptiens en mettant au-devant de leur stand un pharaon, on doit nous aussi partir sur des choses culturelles, profondes comme l’esclavage, ça doit être notre symbole, notre identité culturelle. C’est une marque qui attire. D’ailleurs, beaucoup ont trouvé intérêt sur l’image de Gorée ». Il termine de demander aux autorités de créer des conditions pour booster la production et de pouvoir l’écouler en favorisant le marché local. « Un modèle basé sur notre propre économie ».




